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Les élus ruraux sont de plus en plus inquiets pour l’avenir des petites communes.
LA VIE DES COMMUNES ET COLLECTIVITÉS LOCALES
✍️ Par Propos recueillis par Yannick URRIEN
Olivier Chantreau, maire de Castillon (Alpes-Maritimes) :« Nous n’avons plus rien. »
Olivier Chantreau a été élu il y a six mois maire de Castillon, une commune de 400 habitants, située dans le département des Alpes-Maritimes. Déjà, il n’a pas mâché ses mots en découvrant la situation que vivent les maires ruraux... Il dénonce des menaces toujours plus grandes sur le plan administratif, notamment les transferts de compétences en faveur des intercommunalités. Tout cela a pour effet de mettre en grand danger la plupart des villages de France. Olivier Chantreau a accepté de répondre à nos questions.
L’Hebdo-Bourseplus : Cela fait trente ans que les politiques promettent de prendre des mesures pour sauver les communes rurales, toutefois rien ne change. Comment analysez-vous cette situation ?
Olivier Chantreau : Si j’avais une explication, je pourrais proposer des solutions ! On parle toujours des lois et des réglementations, mais aujourd’hui nous sommes régis par des interdictions. Lorsque l’on réfléchit à un projet, on se demande d’abord si l’on a le droit de le faire, avant de parler du projet en lui-même... C’est toute la difficulté. Aujourd’hui, les petites communes sont la base d’une pyramide, les dotations de l’État diminuent d’année en année et c’est ce qui fait toute la difficulté que connaissent les communes rurales. Castillon est une commune de 400 habitants et nous n’avons plus de boulangerie, nous n’avons plus de bar, nous n’avons plus de restaurant : nous n’avons plus rien… Je suis en grande difficulté pour pouvoir remettre en place certains moyens essentiels, parce que les budgets sont restreints. Nous avons dû faire des coupes franches dans les années précédentes et, aujourd’hui, nous ne pouvons plus les faire... Si nous devons faire des coupes, je ne sais vraiment pas sur quoi nous pouvons agir et, surtout, à hauteur de quelle somme, tant les budgets sont faibles... C’est une situation extrêmement grave. Je suis élu depuis six mois et je me bats pour la renaissance du village : je ne dis même pas que le village de Castillon doit revivre, je dis que le village doit renaître ! Nous n’avons plus rien. Je ne vais pas dire que l’État ne nous aide pas - c’est ce que disent certains maires démissionnaires - car on continue d’obtenir des subventions quand on mène des projets. Mais la dotation générale de fonctionnement qui, jusqu’à un certain temps, assurait une assise financière à nos communes, diminue d’année en année.
Ainsi, on vous asphyxie insidieusement sur une période de vingt à trente ans : c’est un peu comme pour les impôts ou la CSG, l’augmentation s’effectue de façon très progressive…
Quand j’étais ado, mon père disait, chaque fois que l’on passait à la pompe à essence, que l’on finirait par payer le litre d’essence à 10 francs ! Nous y sommes. Dans les années 80, on pouvait déjà pressentir certaines choses au niveau des dépenses et des taxes.
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