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Le vice-président de la commission des finances du Sénat estime que le deuxième budget d’Emmanuel Macron ressemble à celui de François Hollande
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✍️ Par Propos recueillis par Yannick URRIEN
Philippe Dominati, sénateur de Paris : « Je récuse totalement l’idée de dire que Macron fait une politique libérale. »
Philippe Dominati est sénateur de Paris, rattaché au groupe LR, et vice-président de la commission des finances. Selon lui, le nouveau budget est décevant, parce que le gouvernement poursuit la politique de François Hollande. Dans cet entretien, il aborde également les élections municipales à Paris, en annonçant qu’il travaille à la constitution d’une liste alternative et indépendante des grands partis.
L’Hebdo-Bourseplus : Comment réagissez-vous au budget qui vient d’être présenté par le gouvernement ?
Philippe Dominati : J’ai le sentiment que nous sommes dans la continuité, sous une autre forme, avec d’autres modes de communication, mais nous sommes exactement dans la même logique budgétaire que celle que nous avons connue sous le quinquennat de François Hollande. Je dirais même que le début du quinquennat est exactement le même. On fixe des objectifs, mais ces objectifs dans la programmation pluriannuelle ne seront tenus qu’à la fin du quinquennat et l’on voit, dès le deuxième budget, le même dérapage que sous François Hollande puisque les objectifs ne sont déjà plus tenus : par exemple, sur les emplois publics, l’objectif d’une suppression de 50 000 emplois publics sous le quinquennat ne semble pas du tout être appliqué.
Pourquoi les bonnes intentions annoncées lors d’une campagne électorale ne sont-elles jamais suivies d’effets ?
C’est une caractéristique française et des oppositions très fortes se caractérisent dès que l’on exerce le pouvoir. Il est extrêmement difficile de faire admettre un changement... On observe cela sur de nombreuses réformes. Il y a des crispations et, comme l’accès au pouvoir se fait avec une marge extrêmement étroite, on a tout de suite le sentiment d’être minoritaire. Ce qui est vrai, c’est que nos dirigeants politiques depuis trente ans font une politique du salami, c’est-à-dire que l’on coupe une tranche et on laisse le reste de l’effort aux successeurs. C’est le cas de la réforme des retraites puisque, depuis la réforme Balladur, on a chaque fois une petite réforme des retraites et aucun président ne peut vraiment entamer une réforme en profondeur des retraites. C’est le cas sur la fiscalité et c’est évidemment le cas sur la dépense publique. Comme aucun dirigeant n’arrive à réduire la dépense publique et le périmètre de l’État, qui est très vaste, on n’arrive pas à baisser les prélèvements obligatoires.
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