Faurecia trace son chemin entre deux modes boursières.
LE DOSSIER DE LA SEMAINE
Nous poursuivons cette semaine nos études traditionnelles sur les sociétés, sur le décryptage des comptes et sur leurs perspectives, sur les pays, sur les secteurs et les grands sujets, conseils à l’appui. Le 12 octobre 2018 (numéro 960) : “Les résultats décryptés, suite”. Bonne lecture !!!
Faurecia est entre deux eaux. L’action Faurecia, pendant très longtemps, a été outrancièrement sous-estimée, sous-valorisée, sous-cotée. Il y a eu une phase de rattrapage, qui a ramené le titre entre 45 et 55 euros, puis une phase d’emballement, presque d’exagération, avec une pointe à presque 77 euros au début de l’année 2018, ce qui était, dans la configuration actuelle de l’équipementier automobile, un tantinet exagéré. Depuis, comme l’ensemble du secteur, le titre Faurecia a subi des gros désengagements, et, depuis le 1er janvier 2018, il affiche, malgré un rebond ce mercredi, une baisse de presque 21 % (chez Valeo, c’est -45% : la roue tourne chez les gestionnaires). Après une longue et lente reprise en main et un redressement, qui est d’abord passé par une augmentation drastique des critères de qualité et de maîtrise des coûts, sous la houlette de Yann Delabrière, ancien directeur financier de PSA, passé aux manettes de la principale filiale, le groupe Faurecia vit une vie différente, nouvelle, mais qui n’est pas follement aventureuse non plus, sous la direction de Patrick Koller, son nouveau directeur général.
Une décennie de transformation, d’internationalisation.
Pendant très longtemps, Faurecia était une entreprise assez franco-française, puis franco-allemande, trop centrée sur l’Europe, presque absente d’Amérique du Nord, et balbutiante en Asie. Ce n’est plus du tout le cas. Aujourd’hui, le chiffre d’affaires de la France à l’Allemagne représente un petit quart de l’activité, le reste de l’Europe un gros quart, l’Amérique du Nord un gros quart également et l’Asie se rapproche du quart, ayant dépassé désormais le cinquième. Faurecia est le numéro un mondial dans les systèmes d’échappement, le numéro un mondial dans les sièges, et figure également parmi les premiers au monde pour tout ce qui est intérieur de véhicule, planches de bord et cockpits, portes et panneaux de portes, modules acoustiques et tout ce qui va avec. L’intégration à 100 % de Parrot, qui est effective depuis le 1er octobre, confirme ce tropisme, et renforce la capacité de Faurecia dans le domaine des cockpits. Faurecia a rondement mené le dossier Parrot, le groupe était entré au capital en 2017, via une augmentation de capital, via un apport de cash, avec une option de prendre le contrôle à 100 %, et cela vient de se faire, sur la base d’une valeur d’entreprise de 100 millions d’euros, identique à celle retenue lors de l’arrivée de Faurecia en 2017. Faurecia a deux défis : le cockpit intelligent et prédictif, la transformation progressive, qui ne sera pas aussi rapide que certains constructeurs le souhaitent, vers les systèmes à zéro émission. Il faut savoir que lorsque l’industrie automobile connaît une mutation forte dictée à la fois par les normes imposées en Amérique du Nord, en Europe, en Chine, par les mœurs sociétales, et par les tendances environnementales, cela offre de belles opportunités pour les équipementiers, qui peuvent louper le coche, s’ils se trompent de chemin.
Faurecia a les moyens financiers de “faire l’écart”.
Ces mutations interviennent au bon moment pour Faurecia puisque l’entreprise a les moyens d’assurer les frais importants de recherche et de développement qui seront nécessaires. Bien évidemment, il faut savoir qu’il n’y aura pas une évolution aussi rapide que la technique peut le permettre, entre les premières cartes permettant un démarrage sans clé, sans contact, et la généralisation, il y a eu largement plusieurs décennies qui se sont écoulées. Un gros travail doit être effectué pour améliorer le bien-être à bord, notamment avec des sièges qui seront de plus en plus autonomes, permettant d’isoler phoniquement une personne qui souhaite se reposer, dormir, permettant d’accéder à des informations pour une personne qui souhaite travailler, et suivre les cours de Bourse, par exemple, tout en envoyant, de manière sécurisée si possible, le fruit de son travail, le voyage dans une automobile ressemblant de plus en plus au voyage dans un wagon de chemin de fer, ce sera en tout cas le cas lorsqu’il y aura une conduite totalement autonome. Bien évidemment, cela doit se faire dans un système de sécurité optimisée, si l’on positionne le siège pour y dormir, en position semi-couchette, le maintien en cas d’incident doit être le même, et la protection du passager qui dort doit être identique à celle du passager qui est assis face à la route. Quelqu’un qui dort aura besoin également d’une chaleur plus grande que quelqu’un qui est en train de conduire ou de travailler, et il y aura, de plus en plus, pour les sièges de rang 1 comme pour les sièges de rang 2, une individualisation du confort thermique. Ce sera un vrai progrès quand il sera possible de réguler les systèmes de chauffage et de climatisation individuellement, sans que l’on impose ses préférences aux autres passagers, s’il y a d’autres passagers.
Validez le formulaire ci-dessous
Tarif valable jusqu'au 28/02/2027 sous réserve de variation du taux de TVA.
L'Hebdo Bourse Plus sort un numéro double fin juillet et ne paraît pas en août.
Les paiements sur notre site sont sécurisés et traités par Stripe, un prestataire de paiement en ligne de confiance. Vos informations de paiement sont protégées par des protocoles de sécurité de pointe, garantissant une expérience d'achat sûre et sécurisée. Vos données sont protégées par le chiffrement TLS et la tokenisation. Stripe est certifié conforme aux normes de sécurité PCI DSS.