Voitures électrique : un piège à milliards ?

LE DOSSIER DE LA SEMAINE

✍️ Par Nicolas MIGUET

Nous poursuivons cette semaine nos études traditionnelles sur les sociétés, sur le décryptage des comptes et sur leurs perspectives, sur les pays, sur les secteurs et les grands sujets, conseils à l’appui. Le 5 octobre 2018 (numéro 959) : “Les résultats décryptés, suite”. Bonne lecture !!!

Le monde de l’automobile est en forte mutation sur la chaîne de traction. Cette étude vise à vous faire comprendre, quels sont les enjeux, les investissements faits et à faire, les risques. L’an prochain, Daimler va changer de président du directoire. Il n’est pas surprenant, de mon avis, que le docteur Dieter Zetsche, excellent gestionnaire, soit remplacé, à la présidence du directoire, par Ola Källenius, qui est actuellement responsable de la recherche chez le géant teuton, allié, il convient de le rappeler, à Renault-Nissan.

Dieter Zetsche va intégrer le conseil de surveillance, et il en prendra la présidence en 2021, pour succéder à Manfred Bischoff, il y aura une vraie continuité de management à la tête de l’un des plus gros constructeurs d’automobiles haut de gamme et de camions ou de véhicules utilitaires légers dans le monde. Il est très pertinent de nommer le responsable de la recherche à la tête de l’entreprise car, dans ce métier, tout change !


Batteries ou piles à combustibles ? Les deux !

Bien évidemment, sur l’écume, on voit les véhicules électriques, les véhicules hybrides, et tout un tas de déclinaisons, notamment avec les évolutions des techniques concernant les batteries, mais aussi avec les futurs véhicules à hydrogène, qui pourront éviter d’avoir des batteries très lourdes à emporter, l’énergie électrique étant fabriquée par les piles à combustible embarquées à l’intérieur du camion, de l’utilitaire, ou du véhicule particulier. Très récemment, l’observatoire automobile de la banque de crédit Cetelem (groupe BNP Paribas) a présenté son enquête annuelle. Il y était notamment mis l’accent sur le « mystère du véhicule électrique », qui montre un décalage entre la volonté politique de développement du marché du véhicule électrique et l’attentisme des automobilistes, malgré les incitations, dont 6.000 euros de prime à l’achat en ce qui concerne les clients français. Au cumul du marché à la fin du mois d’août, sur les huit premiers mois de l’année 2018, les immatriculations de véhicules électriques en France représentaient 1,2 % du marché global. C’est exactement le même niveau qui avait été constaté sur l’ensemble de l’année 2017 (1,18 %). Il est assez étrange de voir que la baisse des ventes de véhicules Diesel n’a profité qu’aux versions essence. De la même manière, les prix des carburants ont fortement augmenté, mais malgré cela, les gens s’orientent vers des véhicules de plus grosses dimensions, des SUV, et ces véhicules consomment davantage. L’observatoire Cetelem a fait réaliser cette enquête en juin et juillet 2018 dans seize pays, ce qui montre quand même sa pertinence.


Les acheteurs rechignent à passer à l’électrique.

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