Les contes pour enfants d’Alexandra de Carbon.
LITTÉRATURE
Ce sont des ouvrages particuliers que nous vous présentons cette semaine, pour une fois, nous n’allons pas parler d’économie, de philosophie ou de politique, mais de livres pour enfants. Le sujet peut intéresser les parents ou les grands-parents car on s’aperçoit que les enfants aiment de moins en moins lire et qu’ils ont surtout un problème de mémorisation et de concentration. D’ailleurs, la plupart des livres pour enfants qui sont sur le marché sont assez mal écrits et le ton est généralement infantilisant. Alexandra de Carbon dirige un célèbre cabinet de chasse de têtes à Paris et cette maman écrit depuis plusieurs années des livres pour enfants qui connaissent beaucoup de succès et qui font le tour du monde puisqu’ils sont disponibles en cinq langues.
Ce qui est intéressant, c’est qu’elle apporte aussi une démarche pédagogique, puisque ses histoires permettent de développer l’attention, la concentration et l’imagination de l’enfant : « Malheureusement, je trouve qu’aujourd’hui beaucoup de livres pour enfants sont extrêmement pauvres et que l’on s’adresse aux enfants d’une façon assez médiocre, alors qu’ils ont une capacité de compréhension très élevée. On est dans l’infantilisation, on ne les tire pas vraiment par le haut… Il y a de nombreux livres qui sont sur des sujets presque marketing, tout simplement dans le but de vendre, et je trouve que c’est dommage ».
Elle a travaillé avec des spécialistes et l’on retrouve avec plaisir l’atmosphère et le style des contes traditionnels qui ont bercé notre propre enfance : « J’ai essayé de créer un peu de mystère en restant un peu dans l’imaginaire, en faisant un lien entre le garçon qui est le héros du livre et cette chatte un peu magique qui lui susurre des histoires un jour de pluie. Il y a une notion de courage : on a le droit d’être découragé dans la vie, on a le droit de penser que l’on n’y arrivera pas, mais la vie fait en sorte que l’on dépasse des épreuves et les enfants comprennent cela très bien. Autrefois, les contes étaient très cruels. Il y avait de la mort, il y avait des choses très dures. L’histoire de « La petite marchande d’allumettes » est extrêmement triste, mais les enfants comprenaient très bien cela. Il est dommage d’avoir perdu cet aspect du conte, qui construit l’enfant et lui permet d’avoir un imaginaire. L’enfant vit parfois des choses difficiles à l’école, ce n’est pas forcément simple, et les contes lui permettent de se construire, de comprendre, d’imaginer et de s’évader. J’ai essayé de m’inscrire dans cette tradition que l’on m’a léguée. Cela peut apparaître comme un peu désuet à certains moments, mais il y a du charme. Cette transmission de la vraie tradition du conte est quelque chose de très important. » Son dernier livre s’intitule « Écoute Sacha » : « C’est l’histoire d’un petit garçon qui s’ennuie un jour de pluie chez sa grand-mère. Il y a une petite chatte magique puisqu’elle parle et lui murmure des histoires pendant que sa grand-mère est occupée dans la maison… »
Alexandra se rapproche d’une culture qui vient des comptes anglo-saxons du siècle dernier, mais son approche est très moderne : « C’est un vrai travail en soi ! J’avais d’abord fait en 2002 une première édition, qui avait trouvé un écho très positif, et j’ai eu la chance de rencontrer des artistes en Asie, dans le domaine du dessin animé, qui ont accepté de m’accompagner dans une nouvelle édition du livre et dans son illustration. Nous avons fabriqué le héros, Sacha, qui est en 3D. C’est assez charmant, nous avons modélisé le personnage en 3D, ainsi que la grand-mère. Il y a également une inspiration qui vient des mangas japonais pour un conte. Il a fallu un long travail de neuf mois pour choisir les vêtements, la couleur des yeux et le type physique. Nous avons travaillé avec cinq illustrateurs pour arriver à ce résultat ». Elle s’adresse aux enfants entre 3 et 8 ans, mais « il y a un livre qui s’appelle « Bastien le peintre » et qui s’adresse plutôt à des adolescents, aux 12 ans et plus. C’est une histoire d’amour qui permet de faire la différence entre la passion et l’amour. Je suis convaincue que l’on peut être amoureux à 8 ans ou à 12 ans et que l’on peut connaître de grands élans d’amour ».
Elle propose également des e-books personnalisables : « Nous avons beaucoup travaillé là-dessus, parce que je voulais que chaque enfant puisse avoir son e-book, peu importe son ethnie ou son type physique. Nous sommes aujourd’hui à même de proposer un e-book personnalisé, avec le prénom de l’enfant et son âge. Il y a un problème avec la lecture de nos jours et le fait d’avoir son livre avec son prénom, une vraie édition personnalisée, peut donner l’envie de lire le livre entièrement ». La collection a donc été développée sous forme d’e-books totalement personnalisables, avec notamment la photo et le prénom de l’enfant, que l’on peut commander via le site hapy-collection.com.
Son objectif est de redonner le goût de la lecture aux enfants car pour elle la lecture n’est pas morte : « Il y a peut-être de nouveaux créneaux à trouver… Maintenant, on constate que les jeux vidéo sont très chronophages, alors que la lecture demande un effort de concentration. Beaucoup d’enfants ont un problème pour se concentrer et il est très difficile pour eux d’entrer dans une histoire. Les parents n’ont plus trop le temps de lire des histoires le soir et c’est dommage. Je pense qu’il y a un vrai créneau avec les nouvelles et les histoires courtes, pour rentrer dans une histoire très vite, avec une chute très rapide. Les Anglo-Saxons en sont très friands, mais la France est vraiment à la traîne dans ce domaine. Il y a une place à prendre, parce que la nouvelle permet de rentrer dans une histoire très rapidement. La structure des contes permet aussi cela : on peut lire deux ou trois pages un soir et maintenir l’intérêt de l’enfant le lendemain. Il faut un fil conducteur qui permette de rentrer dans une histoire et d’y revenir ».
Validez le formulaire ci-dessous
Tarif valable jusqu'au 28/02/2027 sous réserve de variation du taux de TVA.
L'Hebdo Bourse Plus sort un numéro double fin juillet et ne paraît pas en août.
Les paiements sur notre site sont sécurisés et traités par Stripe, un prestataire de paiement en ligne de confiance. Vos informations de paiement sont protégées par des protocoles de sécurité de pointe, garantissant une expérience d'achat sûre et sécurisée. Vos données sont protégées par le chiffrement TLS et la tokenisation. Stripe est certifié conforme aux normes de sécurité PCI DSS.