L’ancien ministre et sénateur LR de la Haute-Saône dénonce un budget qui pénalise les classes moyennes.

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✍️ Par Propos recueillis par Yannick URRIEN

Alain Joyandet, sénateur LR de la Haute-Saône : « Une grande partie des Français qui avaient été séduits par Emmanuel Macron sont aujourd’hui déçus par les mesures qui ont été prises. »

Ancien ministre, Alain Joyandet est actuellement sénateur LR de la Haute-Saône. Membre de la commission des Finances du Sénat, il rappelle qu’Emmanuel Macron n’a jamais promis de baisser les impôts pour les classes moyennes et qu’il ne fallait pas attendre grand-chose de cette majorité… Dans l’entretien qu’il nous a accordé, ce proche de Laurent Wauquiez aborde également la question de l’immigration.


L’Hebdo-Bourseplus : On observe que les dépenses publiques ne diminuent pas, la fiscalité non plus, tandis que les taxes diverses augmentent. Quelle photographie faites-vous du budget 2019 ?

Alain Joyandet : Pour cette photographie - c’est votre question - ce que vous dites est vrai : il y a un désenchantement sur le plan économique et financier, et il est clair qu’une grande partie des Français qui avaient été séduits par Emmanuel Macron sont aujourd’hui déçus par les mesures qui ont été prises. On observe une augmentation des taxes, comme celles sur les carburants. Tout cela pénalise les classes moyennes et cela se ressent sur la consommation et la croissance. Il y a un véritable sujet dont, semble-t-il, Monsieur Macron commence à prendre conscience.


On dit toujours que la première année de mandat constitue une fenêtre de tir, une période avec un contexte optimal, mais ce n’est jamais utilisé par nos gouvernants. Pourquoi ?

La situation est différente pour Monsieur Macron, qui n’avait pas l’intention de faire autrement que ce qu’il a dit qu’il ferait. Il a fait au cours de la première année ce qu’il a dit mais, en essayant d’aider essentiellement les premiers de cordée, il pensait qu’avec sa théorie du ruissellement il allait relancer l’économie. Force est de constater que cela ne marche pas. Mais ce n’est pas parce qu’il n’a pas fait ce qu’il a dit. Il n’avait pas l’intention de réformer plus. C’est une erreur de stratégie et une absence de volonté de réforme, puisqu’il n’a jamais dit qu’il réduirait de beaucoup le nombre de fonctionnaires, il n’a jamais dit qu’il baisserait les impôts des classes moyennes, il n’a jamais dit qu’il réduirait l’immigration... Il fait ce qu’il dit, mais cela ne marche pas. Il a utilisé sa fenêtre de tir pour faire ce qu’il avait dit qu’il ferait et, sur le plan économique, sa mesure la plus emblématique est la réforme profonde de l’ISF.

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