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Valeo : les analystes brûlent ce qu’ils ont adoré.
LE DOSSIER DE LA SEMAINE
✍️ Par Nicolas MIGUET
Nous poursuivons cette semaine nos études traditionnelles sur les sociétés, sur le décryptage des comptes et sur leurs perspectives, sur les pays, sur les secteurs et les grands sujets, conseils à l’appui. Le 21 septembre 2018 (numéro 957) : “Les résultats décryptés, suite”. Bonne lecture !!!
Valeo : après le grand amour, c’est le désamour. Comme le premier, le second est injustifié. C’est la vie... Lorsqu’il y a une affaire dans le secteur de l’industrie des équipementiers de l’automobile qui est à vendre, elle se vend, dette comprise, sur une valorisation de l’ordre de 80 % à 120 % du chiffre d’affaires, c’est un ratio relativement constant, un ratio qui a été observé à chaque grosse opération du secteur. Pendant une période assez longue, le titre Valeo a été à plus de 120 % de son chiffre d’affaires en termes de valorisation, car l’entreprise disposait d’une grosse croissance, et d’une cote d’amour quasi infinie auprès des analystes financiers et des gestionnaires. Cette cote d’amour semble avoir disparu, le titre s’est pris des claques multiples depuis le début de l’année. Alors qu’au début de l’année on était largement au-dessus de 60 euros, on a de la peine à dépasser les 35 euros actuellement.
Sortie de mode.
Le titre s’efface, progressivement, et, alors qu’il était à la mode, il ne l’est plus, la plupart des analystes financiers, lorsqu’ils reprennent le dossier, révisent à la baisse leurs objectifs, on est désormais sur un objectif de valorisation compris entre 54 et 55 euros dans le consensus, ceci dit, l’action a du mal à dépasser les 35, ce qui semble bizarre. Vraisemblablement, dans le cadre des habillages de fin d’année, beaucoup de gérants, de gestionnaires de SICAV et de fonds communs de placement vont sortir du dossier, juste par souci cosmétique, afin de ne pas afficher leur mauvais choix du début de l’année. Pourtant, même si le premier semestre a été relativement médiocre, comme nous l’avions prévu, la société va réaliser un coquet bénéfice compris entre 4 et 4,10 euros par action sur l’ensemble de l’année 2018, et va vraisemblablement distribuer un dividende d’au moins 1,25 euro versé au titre de 2017 et peut-être même de 1,30 euro par action.
Il y a des seuils, il y a des effets techniques, et même si le titre Valeo n’est pas retourné à la cave comme on avait pu le voir au plus fort de la crise en 2009, avec des cours en dessous de 5 euros et une stabilisation dans une fourchette modeste comprise entre 8 et 12 euros, on est parti pour une entreprise durablement moins valorisée, par effet de mode, parce que la baisse appelle la baisse, vous le savez trop bien. Il est donc très intéressant de reprendre le dossier, de le réétudier à fond, et de regarder s’il y a un potentiel significatif, dans une optique de deux à trois ans, pour mettre dans les portefeuilles, puisque nous avons les liquidités, l’un des plus gros équipementiers de l’industrie automobile mondiale, partenaire de tous les constructeurs dans le monde, une entreprise technologique qui investit lourdement en recherche et développement, et qui récupère de plus en plus de contrats sur le moyen et le long terme, sur les nouvelles plates-formes, avec chaque année près de 2 milliards d’euros investis dans ses 55 centres de R & D.
Valeo a changé de dimension.