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La bataille d’un maire pour développer une ancienne commune minière.
LA VIE DES COMMUNES ET COLLECTIVITÉS LOCALES
✍️ Par Propos recueillis par Yannick URRIEN
Henri Boguet, maire de Fontoy (Moselle) : « Si nous avions su ce que les mines allaient nous réserver par la suite, au lieu de défiler contre leur fermeture, nous aurions dû manifester pour leur fermeture anticipée ! »
Henri Boguet est maire de Fontoy, une commune de 3000 habitants située dans le département de la Moselle, et il a 47 ans de mandat à son actif ! Ce médecin, âgé de 78 ans, s’est toujours battu pour développer l’activité économique de sa commune après la fermeture des mines. Mais c’est loin d’être facile car l’État, à la suite des affaissements survenus dans l’ex-bassin ferrifère, a rendu la commune quasiment inconstructible en 2002. Afin d’assurer à celle-ci une ultime possibilité d’extension, le maire a négocié la transformation d’une parcelle agricole de 20 hectares en zone constructible de très haute qualité environnementale. Aujourd’hui, il continue d’affronter des fonctionnaires qui ont pour seule préoccupation d’ouvrir le parapluie en refusant toutes ses propositions…
L’Hebdo-Bourseplus : Vous avez dû repenser votre commune qui était sinistrée après le désastre post-minier. Tout était devenu quasiment inconstructible et il fallait donc faire preuve d’imagination. Vous avez 47 ans de mandat à votre actif, comment avez-vous commencé ?
Henri Boguet : Lorsque je me suis porté candidat aux élections municipales la première fois, je n’étais pas la tête de liste, j’étais second. Le maire précédent qui menait la liste était une personne tout à fait respectable, mais il s’était attiré beaucoup de foudres pendant son mandat et il a été battu. Donc, il a fallu reprendre les rênes. J’étais jeune, je n’avais pas conscience du problème, mais j’avais envie de faire quelque chose. Vous savez, lorsque l’on a envie de faire quelque chose, on a déjà à moitié gagné ! Si l’on est à la traîne, on est sûr de ne pas gagner. Pour gagner, il faut en avoir envie et se battre pour arriver au but fixé.
Votre idée était-elle de réorienter le village davantage vers la nature ?
Je suis un Lorrain issu d’une famille bourgeoise et j’ai toujours vécu dans l’ambiance ouvrière de l’après-guerre, puisque je suis né en 40. Mes copains de l’école communale étaient des fils d’ouvriers, de mineurs ou de sidérurgistes et, au lycée, c’était la même chose… J’avais de la boue aux chaussures et j’ai toujours voulu garder cette image. Je n’ai jamais eu l’intention d’évoluer sur des tapis persans et j’ai toujours voulu conserver l’esprit du terroir. En plus, je suis très proche de la nature, j’admire la forêt et je trouve que nous avons vécu dans une région industrielle très polluée. Il y avait de la fumée partout dans la vallée et des hauts-fourneaux qui crachaient... C’était à la fois notre perte et notre richesse. Tout le monde vivait bien à l’époque, il y avait de l’argent et du travail. Mais, du jour au lendemain, ce fut la catastrophe. Les gens de 45 ans ont été mis en préretraite et ce fut un drame. Face à cette situation, j’ai estimé qu’il fallait réagir et c’est ce qui m’a amené à prendre la décision de m’engager dans la gestion municipale.
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