Les conséquences du prélèvement à la source sur le marché immobilier.

LA VIE DE L’IMMOBILIER

✍️ Par Propos recueillis par Yannick URRIEN

Sandrine Allonier, porte-parole de Vous Financer : « On peut craindre un attentisme des emprunteurs au premier trimestre 2019. »

Le prélèvement de l’impôt à la source entrera bien en vigueur au 1er janvier 2019. Si, selon les banques, cette réforme ne devrait pas avoir d’impact sur la capacité d’emprunt, les Français ne vont-ils pas avoir le sentiment que leur pouvoir d’achat - notamment immobilier - a baissé ? Certes, pour ceux qui étaient déjà mensualisés, l’impôt sera désormais prélevé sur douze mois plutôt que dix, allégeant ainsi la charge mensuelle versée. Par ailleurs, la mise en place d’une avance de 60 % de la réduction d’impôt pour les investisseurs locatifs, en Pinel notamment, constitue une bonne nouvelle, alors que la construction de logements est à la peine depuis quelques mois. Sandrine Allonier, porte-parole de Vous Financer, réseau de courtiers en crédits immobiliers, répond aux questions de L’Hebdo-Bourseplus.


L’Hebdo-Bourseplus : Les banques vont-elles tenir compte de l’impôt dans le calcul du taux d’endettement ?

Sandrine Allonier : À ce jour, pour évaluer le taux d’endettement, et donc la capacité d’emprunt du futur emprunteur, la plupart des banques ne tiennent pas compte des impôts. Elles prennent les revenus nets perçus par le ménage et font un rapport entre la future charge de remboursement mensuelle et ces revenus. Ce taux d’endettement ne doit pas dépasser 33 %. Les impôts sont pris en compte en tant que charge comme une autre… avec quelques exceptions : certains établissements, finançant notamment les profils avec de hauts revenus, prennent déjà en compte les impôts en les déduisant du salaire, mais avec la possibilité d’aller jusqu’à 50 % de taux d’endettement. D’après les partenaires bancaires que nous avons interrogés, la mise en place du prélèvement à la source ne devrait pas modifier les calculs d’endettement et de capacité d’emprunt. Les banques devraient donc prendre en compte le « net à payer avant impôt sur le revenu » qui restera inscrit sur les fiches de paie en plus du nouveau « net à payer après prélèvement de l’impôt », le montant effectivement versé au salarié.

Le montant d’impôt déduit du salaire entrera tout de même, bien sûr, en ligne de compte dans l’étude globale du dossier et l’évaluation du risque via le calcul du « reste à vivre », qui est la somme restante, toutes charges déduites (mensualité de prêt, autres prêts en cours, charges diverses, pensions alimentaires, impôts) et qui est variable selon les banques : en moyenne, 750 euros pour un célibataire, 1200 euros pour un couple et 250 euros par enfants à charge. Cela présente l’avantage de limiter les évolutions et développements informatiques à effectuer et de ne pas pénaliser tous ceux dont les réductions et déductions d’impôt ne sont pas prises en compte dans le taux de prélèvement à la source et qui devront « avancer cette réduction ». Mais cela augmente légèrement le risque, puisque le salaire effectivement versé sur le compte du futur acheteur sera en réalité plus faible que ce montant…


Faut-il prévoir un effet psychologique ?

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