L’urgence de la formation continue pour prendre un main notre destin numérique.

EN DIRECT AVEC...

✍️ Par Propos recueillis par Yannick URRIEN

Catherine Morin-Desailly, présidente de la commission de la culture, de l’éducation et de la communication du Sénat : « Il va falloir apprendre à apprendre en permanence. »

On parle beaucoup de la fracture numérique territoriale, mais il existe aussi une fracture sociale qu’il ne faut pas occulter : tel est le thème d’un rapport que vient de présenter Catherine Morin-Desailly, sénatrice Union centriste de Seine-Maritime et présidente de la commission de la culture, de l’éducation et de la communication du Sénat. Elle évoque pour nous ce sujet, en soulignant qu’il est nécessaire de prendre des dispositions en faveur de la formation continue pour aider les entreprises et les administrations à s’adapter à cette évolution.


L’Hebdo-Bourseplus : Dans votre rapport, vous évoquez la fracture numérique sociale et territoriale. Ce terme de fracture était beaucoup employé il y a une vingtaine d’années, mais aujourd’hui, dans le métro ou le train, on voit tout le monde avec un smartphone et l’on a donc tendance à penser que la fracture numérique n’existe plus…

Catherine Morin-Desailly : Oui, mais le métro circule dans les villes, dans les métropoles, donc, par définition, c’est très restreint... Vous pointez du doigt le sujet : si les villes sont hyper connectées, avec des populations qui disposent de tous les outils, il y a des nuances à apporter parce que l’on voit bien que ce sont les catégories socioprofessionnelles supérieures qui disposent de tablettes et de smartphones par rapport aux gens moins diplômés. Il y a une vraie différence entre la France des villes et la France des campagnes. On voit bien que le raccordement au très haut débit n’est que de 51 % et cela veut bien dire qu’il y a 49 % de la population qui n’est pas aussi bien raccordée qu’on ne l’imagine. Il y a plus de 500 villes qui ne sont pas raccordées du tout. Donc, il y a quand même une fracture. Elle existe, qu’on le veuille ou non. C’est lié à l’aménagement du territoire, à l’insuffisance du déploiement du très haut débit en France et, après, il y a ceux qui ne sont pas aussi bien appareillés que les autres et ceux qui ne sont pas dans une relation aux usages qui va au-delà de la simple utilisation de son téléphone pour téléphoner.


Vous évoquez l’urgence de la formation numérique. Il y a celle sur les outils, c’est-à-dire apprendre à envoyer un courriel ou à partager des photos, mais il y a aussi la formation à la réception de l’information et nous sommes à la frontière d’un autre sujet d’actualité, c’est-à-dire les « Fake news »…

J’explique bien dans le rapport ce que veut dire la formation à l’heure du numérique. Il y a plusieurs sujets qui ont été identifiés dans la loi de 2013 sur la Refondation de l’école. Il y a d’abord la formation essentiellement technique, c’est-à-dire savoir coder et savoir ce qu’est un algorithme, donc comprendre techniquement ce qu’est le numérique. Il faut savoir utiliser une tablette ou un ordinateur, faire des recherches et, après, il y a la compréhension du modèle économique, c’est-à-dire de l’écosystème du numérique tel qu’il s’est construit, pour que tout cela fonctionne. C’est la compréhension d’un monde qui s’est développé depuis le début des années 90, parce que les sociétés ont investi très fortement et ce monde est dominé très largement par les géants extra-européens du numérique qui conditionnent une intermédiation obligatoire, puisque nous sommes obligés de passer par leurs plates-formes. Ces plates-formes sont la porte d’entrée de ce monde. Internet est un monde qui s’est construit sur un modèle économique particulier, qui révèle plusieurs limites aujourd’hui, puisque c’est un monde qui s’est construit sur une gratuité factice : on imagine que c’est gratuit mais, en réalité, on a accès à l’information, aux services et aux applications en échange de données...

Pour lire ce numéro (Accès numérique)

Validez le formulaire ci-dessous

Tarif valable jusqu'au 28/02/2027 sous réserve de variation du taux de TVA.
L'Hebdo Bourse Plus sort un numéro double fin juillet et ne paraît pas en août.

Les paiements sur notre site sont sécurisés et traités par Stripe, un prestataire de paiement en ligne de confiance. Vos informations de paiement sont protégées par des protocoles de sécurité de pointe, garantissant une expérience d'achat sûre et sécurisée. Vos données sont protégées par le chiffrement TLS et la tokenisation. Stripe est certifié conforme aux normes de sécurité PCI DSS.