Pour acheter à Paris, il faut visiter rapidement et ne pas hésiter !
LA VIE DE L’IMMOBILIER
Stéphane Buthaud, fondateur de Je rêve d’une maison :« Celui qui emporte la mise, c’est finalement celui qui va payer comptant. »
La jeune pousse de chasse immobilière Je Rêve d’une Maison a développé une technologie ImmoScanTM qui analyse en temps réel 100 % du web immobilier. Ce baromètre indique les chiffres les plus actuels du marché, puisqu’il est fondé sur la totalité des annonces mises en ligne jusqu’à fin mai 2018. Ainsi, la dernière étude indique que 7892 biens ont été mis en vente à Paris au mois de mai dernier, soit une hausse de 6,6 % par rapport à avril. 7146 biens ont été vendus en mai, soit 0,7 % de plus qu’au mois d’avril. Le stock de biens à vendre fin mai s’établit à 20 298, en progression de 3,8 % par rapport à fin avril (19 552). Entre avril et mai, le 5e arrondissement est celui qui connaît la plus forte hausse du prix au mètre carré (+ 6,3 %) et le 4e arrondissement la plus forte baisse (- 5,6 %). On observe de fortes disparités selon les arrondissements : de 8730 euros dans les 19e et 20e arrondissements, à 16 460 euros dans le 6e. Par ailleurs, sur la totalité des biens mis en vente au mois d’avril 2018, soit 7403 appartements, 18,5 % ont été vendus en 7 jours ou moins, soit 1310 appartements. Sur chacune des 3 semaines suivantes, il se vend respectivement 9,9 %, 7 % puis 5,8 % des biens. Au final, 58,8 % des biens restent sur le marché plus de 28 jours. Sur la totalité des annonces immobilières publiées fin mai (20 298), 36 % datent de moins d’un mois. C’est parmi celles-ci que l’on trouve les biens les plus intéressants.
Passé ce délai d’un mois, 26 % des annonces datent d’un à trois mois. Au-delà de trois mois, les biens qui restent sur le marché sont forcément moins intéressants, soit parce qu’ils présentent des défauts importants, soit parce qu’ils sont surévalués. Enfin, sur la totalité des 20 298 annonces publiées fin mai, 80,8 % se trouvent sur les dix plus gros portails : ce sont les annonces les plus vues par les personnes qui ont un projet d’achat immobilier. À l’inverse, 19,2 % des annonces immobilières se trouvent sur 240 plus petits portails et sites d’agences immobilières : c’est souvent là que se situent les biens les plus attractifs, ceux qui sont le plus rapidement vendus et que l’agent immobilier n’a pas besoin de promouvoir via une publication sur un portail à fort trafic. En conclusion, pour acheter à Paris, il faut acheter vite et, pour trouver son bonheur, il vaut mieux ne pas compter uniquement sur les sites des portails qui proposent de nombreux doublons, mais plutôt s’orienter vers les sites des agences immobilières. En effet, 19,2 % des annonces ne sont pas proposées par l’ensemble des dix plus gros portails.
L’Hebdo-Bourseplus : Vous avez mis au point une technologie de reconnaissance de toutes les annonces immobilières diffusées sur Internet. Le prix affiché signifie-t-il réellement quelque chose, lorsque l’on sait qu’il y a ensuite une marge de négociation et, qu’à l’exception de Paris, les biens ne se vendent jamais au prix où ils sont annoncés ?
Stéphane Buthaud : Vous avez raison, le prix affiché n’est pas forcément le prix de transaction. Nous travaillons à 80 % sur Paris intra-muros et à 20 % sur la petite couronne. Or, nous constatons au quotidien, depuis un an et demi, que les biens se vendent au prix dans la quasi-totalité des cas. Il existe effectivement certains biens pour lesquels vous allez avoir une petite marge de négociation, mais en regardant les chiffres d’autres acteurs, on voit bien que le prix moyen de la baisse de prix à Paris est de 2,5 % et nous constatons qu’il y a un nombre très important de biens qui partent très vite. Beaucoup de biens partent en moins de sept jours, donc cela signifie qu’il n’y a pas de négociation possible, d’autant que vous avez plusieurs offres au prix et souvent sans conditions suspensives. Il arrive assez fréquemment aujourd’hui que celui qui emporte la mise soit finalement celui qui va payer comptant, c’est-à-dire sans emprunt bancaire.
Quelqu’un qui a un budget donné et qui veut acheter un appartement sur Paris, ce qu’il voit, pour les annonces publiées en mai, c’est un prix moyen de 11 980 euros par mètre carré. Il y a évidemment des variations selon les arrondissements, puisque cela va de 8500 à plus de 16 000 euros dans le sixième arrondissement. Nous avons aussi regardé les biens qui partent en moins de 28 jours, nous estimons que ces biens partent au prix et nous arrivons à un prix moyen de 11 230 euros. Après, on peut se dire qu’il y a une petite négociation de 1 ou 2 % sur quelques biens mais, si c’est le cas, on imagine que le taux de négociation est très faible. Un autre indicateur nous montre que sur l’ensemble du parc parisien, la baisse moyenne est de 2,5 %. Les biens qui baissent sont ceux qui paraissent le plus longtemps, car vous trouvez encore des biens sur Internet dont l’annonce remonte à plus de six mois. Vous avez aujourd’hui sur le marché 21 % des annonces qui ont plus de six mois. Probablement, sur ces annonces, le vendeur va baisser un peu son prix, donc le bien va partir…
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