Guerre (froide?) de religion entre musulmans chiites et sunnites, la France est impliquée.

LE DOSSIER DE LA SEMAINE

✍️ Par Nicolas MIGUET

Nous poursuivons cette semaine nos études traditionnelles sur les sociétés, sur le décryptage des comptes et sur leurs perspectives, sur les pays, sur les secteurs et les grands sujets, conseils à l’appui. Le 13 juillet 2018 (numéro 950-951) : “Les résultats décryptés, suite”. Bonne lecture !!!

Ce qui se passe dans le golfe persique, cela nous concerne. Au-delà du golfe persique, il y a bien sûr la péninsule arabique, qui nous fournit beaucoup de pétrole et de gaz, de l’Arabie Saoudite, de l’Irak, du Qatar, mais également en provenance d’Egypte, pas si lointaine que cela, ou encore du Soudan. La pression démographique, en plus des tensions intermusulmanes ou hostiles aux populations chrétiennes d’Orient font que, qu’on le veuille ou non, notre pays, notre économie, sont très fortement impliqués. La France est impliquée parce que c’est un fabricant et un vendeur d’armes, et que la région du Moyen-Orient est notre premier débouché. L’Arabie Saoudite est le deuxième acheteur d’armes de la planète, essentiellement des armes américaines, mais nous fournissons beaucoup de munitions, dont des bombes intelligentes, pour la guerre que l’Arabie Saoudite mène au Yémen, en direct et également à travers ses alliés. Nous avons un gros client avec l’Egypte, qui nous a acheté les Rafale et des frégates multirôles, ce client se trouve être financé par l’Arabie Saoudite, principalement. Le Qatar comme les Emirats Arabes Unis sont également de très gros clients de la France en ce qui concerne les armes et les munitions. Les sources de tension ne cessent d’augmenter.


La Turquie nostalgique de son ancien empire.

Dans son souci de reconstituer l’ancien Empire ottoman, le quasi-sultan Recep Tayyip Erdogan, qui est allé visiter en janvier 2018 le Soudan, a obtenu, comme naguère l’Angleterre face à la Chine, la concession durant 99 ans de l’île de Suakin, au sud de Port Soudan, qui fait 70 km², et qui se trouvent être placés sur l’axe stratégique des routes maritimes commerciales en Mer Rouge. De l’autre côté, il y a l’Arabie Saoudite, à quelques encablures, il y a l’Egypte. On vous a beaucoup parlé du danger de la nucléarisation de la région, et notamment des efforts effectués par l’Iran pour se doter de la bombe atomique, ce qui reste à confirmer, bien évidemment. Personne ne parle, en revanche, du fait que, en mars 2018, le prince héritier, Mohammed Bin Salman, a dévoilé un plan de construction de seize réacteurs de centrales nucléaires au cours des deux prochaines décennies, l’objectif officiel est de produire 17,6 gigawatts de courant d’ici à 2040 soit 10 % de la production nationale d’électricité. Les travaux vont démarrer dès 2019, les groupes français, dont l’ancien Framatome, désormais filiale d’EDF, sont sur les rangs, face à des groupes américains, russes, coréens, ou chinois.

L’Arabie Saoudite s’est engagée à maintenir un programme nucléaire civil, mais, dans ce genre de filière, les frontières sont parfois poreuses. La guerre civile en Syrie entraîne des tensions de plus en plus fortes auprès des pays voisins. Le Liban héberge près d’un million de réfugiés syriens, soit un pourcentage énorme par rapport à sa population. La Jordanie en héberge plusieurs centaines de milliers, c’est un peu moins en pourcentage, la Turquie en a, selon les Nations Unies, 3,54 millions, sur un total de 5,6 millions qui étaient enregistrés en mars 2018 selon les statistiques de l’Office des Nations Unies pour les réfugiés. Le calife Erdogan, qui vient de s’autoproclamer réélu, voudrait les assimiler, afin d’arabiser les régions kurdes. L’Union européenne a, depuis le début de l’année, déjà versé presque 2 milliards d’euros à la Turquie pour financer l’accueil des réfugiés sur le sol turc, pour les nourrir. La France étant un des principaux contributeurs au budget de l’Union européenne, cela nous concerne, bien évidemment.


Pour payer la guerre au Yemen, l’Arabie fait grimper le pétrole.

Pour lire ce numéro (Accès numérique)

Validez le formulaire ci-dessous

Tarif valable jusqu'au 28/02/2027 sous réserve de variation du taux de TVA.
L'Hebdo Bourse Plus sort un numéro double fin juillet et ne paraît pas en août.

Les paiements sur notre site sont sécurisés et traités par Stripe, un prestataire de paiement en ligne de confiance. Vos informations de paiement sont protégées par des protocoles de sécurité de pointe, garantissant une expérience d'achat sûre et sécurisée. Vos données sont protégées par le chiffrement TLS et la tokenisation. Stripe est certifié conforme aux normes de sécurité PCI DSS.