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Une crypto-monnaie pour faciliter les échanges dans l’univers francophone.
LA NOUVELLE ÉCONOMIE INTERVIEW
✍️ Par Propos recueillis par Yannick URRIEN
Vincent Jacques, fondateur de Paypite : « Les barrières financières empêchent le développement du commerce et des échanges au sein de l’univers francophone. »
Paypite, la première crypto-monnaie francophone, a été lancée il y a six mois en s’adressant à toute la communauté francophone mondiale et elle compte aujourd’hui plus de 5000 portefeuilles ouverts. Cette monnaie s’est d’abord déployée dans six pays francophones afin de subvenir aux besoins de transferts d’argent d’un continent à un autre. Pour que la crypto-monnaie soit accessible au plus grand nombre, Paypite met en place progressivement des services simples et adaptés : un portefeuille en ligne facile à utiliser, des moyens de paiement locaux (Euros, Ariary, Franc CFA), une Bourse des Paypites et des points cash pour acheter et revendre facilement ses crypto-monnaies. Lancée le 15 janvier dernier, la Paypite a connu un rapide développement de la part des premiers investisseurs, qui ont acheté leurs Paypites à 15 centimes d’euros. Le cours voisine en ce début juillet les 90 centimes. Plus de 2 millions de Paypites sont en circulation actuellement.
Paypite installe progressivement des points de vente dans les endroits où les besoins de transferts sont les plus importants, notamment à Paris, Dakar, Tananarive et en Côte d’Ivoire. Les habitants, via ces points de vente, peuvent ainsi acheter, transférer et revendre leurs Paypites en monnaie locale. D’autres pays sont en cours de développement et seront implantés avant la fin de l’année 2019. Comme certains pays manquent cruellement de services bancaires, Paypite a trouvé des solutions adaptées localement pour que les personnes puissent en profiter : par exemple, à Madagascar, les Malgaches peuvent acheter des Paypites via le paiement mobile avec l’opérateur MVola. Vincent Jacques, fondateur de Paypite, nous explique à quoi sert une crypto-monnaie et en quoi elle peut faciliter les échanges au sein du monde francophone.
L’Hebdo-Bourseplus : Comment vous est venue l’idée de créer une crypto-monnaie orientée vers l’univers francophone ?
Vincent Jacques : Je suis entrepreneur depuis 2009. J’avais auparavant une société d’informatique qui travaillait avec pas mal de pays à l’étranger, notamment Madagascar et la Tunisie, et, au fil des années, je me suis rendu compte des barrières financières qu’il pouvait y avoir au sein du monde francophone, entre les virements bancaires qui sont longs et qui coûtent très cher, et les alternatives comme Western Union qui coûtent également très cher. Je suis basé en France et j’observe qu’en Europe nous avons un système financier vraiment très efficace, avec les virements SEPA, une monnaie commune, l’euro, qui permet de faire des paiements au sein de l’Union européenne très facilement et à moindre coût, voire gratuitement, alors qu’en Europe on parle des langues différentes et il n’est pas toujours facile d’entreprendre.
Avec ma société précédente, lorsque nous avons voulu nous développer en Allemagne, nous avons dû embaucher des Allemands. Lorsque l’on a voulu se développer en Espagne, il a fallu embaucher des Espagnols. Idem en Italie… Dans le monde francophone, c’est plus facile, il y a une langue commune, on a des facilités pour communiquer et des affinités culturelles, mais les barrières financières empêchent le développement du commerce et des échanges au sein de l’univers francophone. Mon idée a été d’avoir une monnaie commune : pas une monnaie unique comme l’euro, mais une monnaie commune permettant de faciliter les échanges et donc l’intégration économique des pays francophones. Tout cela a aussi pour objectif de favoriser la croissance économique.