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Valeo mise sur l’innovation pour retrouver un potentiel de croissance accélérée.
LE DOSSIER DE LA SEMAINE
✍️ Par Nicolas MIGUET
Nous poursuivons cette semaine nos études traditionnelles sur les sociétés, sur le décryptage des comptes et sur leurs perspectives, sur les pays, sur les secteurs et les grands sujets, conseils à l’appui. Le 29 juin 2018 (numéro 948) : “Les résultats décryptés, suite”. Bonne lecture !!!
Depuis quelques semaines, le titre Valeo a marqué le pas sur le marché financier. Depuis le début de l’année, la perte est de presque 16 %, et la capitalisation boursière est retombée à 12,55 milliards. Ceci dit, si l’on regarde la courbe de l’action Valeo au cours des dix dernières années, il ne faut pas oublier qu’on a eu un plus bas à 2,67 euros, au plus fort de la crise, en 2009, et que le cours actuel, de 52,40 euros, même s’il est inférieur au plus haut historique de 67,80, reste quand même l’image d’une performance particulièrement remarquable.
Concentration et désendettement.
Au moment de la crise de 2008-2009, le groupe Valeo s’est concentré sur une seule chose : son désendettement le plus rapidement possible, sur la reconcentration de l’entreprise sur des activités où il était soit déjà en avance soit où son potentiel de R & D (Recherche & Développement), lui permettait de conquérir le leadership mondial. Valeo a récupéré des sous en vendant toutes ses activités de serrures (marque Neiman…), ce qui a permis de satisfaire également aux besoins de l’industrie automobile, qui travaille de plus en plus sur les ouvertures et les fermetures sans contact, et s’est concentrée sur quatre secteurs très particuliers : les systèmes de visibilité (éclairage, signalisation, feux, antibrouillards, avec de surcroît les systèmes d’essuyage, dont les essuie-glaces très innovants qui ont été adoptés par la DS 7 Crossback, notamment, ou l’Alpine A110, avec un tout petit réservoir, puisque les buses de projection sont installées à l’intérieur de l’essuie-glace, il y a moins besoin de transporter du liquide, qui est un poids mort, on l’oublie un peu trop souvent). Dans l’éclairage et la signalisation, il y a de plus en plus d’électronique, énormément de modèles haut de gamme ont aujourd’hui une reconnaissance du trafic qui fait face sur une route, avec passage automatique du code aux phares, et vice-versa. Il y a également l’utilisation de plus en plus généralisée de systèmes LED, qui consomment moins d’énergie et qui sont beaucoup plus durables, même s’ils sont plus coûteux. Deuxième métier de Valeo, il s’agit des équipements thermiques. Le chauffage, la climatisation, tout ce qui va avec (compresseurs…), c’est bien sûr un métier de Valeo.
Quatre métiers principaux.
Mais il y a aussi tout ce qui contribue à permettre l’optimisation du travail du moteur, avec le refroidissement, les échangeurs d’huile… Troisième métier de Valeo, c’est bien sûr les systèmes électriques, les alternateurs, les démarreurs, et même l’innovation de Valeo qui s’est répandue progressivement ces dernières années, l’alterno-démarreur, que l’on appelle souvent la micro-hybridation. S’ajoutent à cela les systèmes de transmission. Dernier métier, le groupe Valeo s’est installé de plus en plus fortement dans les systèmes de commutation et de détection, pour le confort et l’aide à la conduite. Cela passe bien sûr par l’accès sans clé, mais cela va aussi aux antivols de direction et, à terme, il y aura la reconnaissance biométrique du conducteur autorisé, le déblocage à distance, via une application spécifique sur un téléphone intelligent. Valeo, cela n’a plus rien avoir avec l’agglomération de tout un tas de petites entreprises franco-françaises, il y a une trentaine d’années de cela.