En vingt ans, le pouvoir d’achat immobilier des Français a augmenté de 38 %.

LA VIE DE L’IMMOBILIER

✍️ Par Propos recueillis par Yannick URRIEN

Estelle Laurent, responsable de la communication de Credixia : « Il fallait gagner 4600 euros en 1998 pour emprunter 200 000 euros, alors qu’aujourd’hui 2900 euros suffisent ! »

À l’occasion de la Coupe du monde de football, Credixia vient de comparer le pouvoir d’achat immobilier des Français entre 1998 et 2018. Grâce à la baisse des taux d’intérêt immobiliers, le pouvoir d’achat des Français a progressé de 38 % depuis le sacre de l’équipe de France de football en 1998. Le taux moyen du crédit immobilier est passé de 7,05 % en 1998 (Banque de France) à 1,46 % au premier semestre 2018 selon l’Observatoire du Crédit Logement, soit une diminution de 5,59 points. La capacité d’emprunt est ainsi passée de 128 500 euros à 207 400 euros en vingt ans, ce qui représente un gain de pouvoir d’achat de 38 %. En 1998, pour une mensualité de 1000 euros par mois, l’emprunteur français obtenait un prêt immobilier d’un montant de 128 500 euros.

En 2018, le même emprunteur, à mensualité et durée égales, peut prétendre à un prêt de 207 400 euros. Autre conséquence de la baisse des taux, les revenus nécessaires pour une même somme empruntée ont baissé de près de 37 % en vingt ans. En 1998, il fallait 4600 euros nets par mois pour pouvoir emprunter 200 000 euros contre 2900 euros aujourd’hui. Mécaniquement, le coût du crédit immobilier pour un prêt de 200 000 euros a considérablement chuté : il a été divisé par 5 en vingt ans, passant de 173 585 euros en 1998 à 30 740 euros en 2018. Automatiquement, la mensualité du crédit recule et l’emprunteur réalise une économie de 596 euros par mois.

En effet, la mensualité représente 961 euros aujourd’hui, contre 1557 euros par mois en 1998. Les ménages ont largement profité de cette baisse spectaculaire des taux puisque, selon la Banque de France, le volume de crédits immobiliers accordés par les banques a atteint 272 milliards d’euros en 2017. Il semblerait que la chute des taux immobiliers touche à sa fin. En effet, les experts tablent sur une modeste hausse généralisée des taux de crédits immobiliers à partir du troisième trimestre 2018. De nombreux facteurs militent en faveur d’une hausse comme l’inflation. L’OAT 10 ans, l’indice financier qui sert de référence aux banques pour déterminer les taux de crédit à l’habitat, a vu son niveau doubler en dix-huit mois. De plus, la Banque de France et les Régulateurs Européens (comme le comité Bâle III), poussent les prêteurs à ne pas sacrifier leurs marges déjà étroites en bradant leurs prêts au logement. Estelle Laurent, responsable de la communication de Credixia, répond aux questions de L’Hebdo-Bourseplus.


L’Hebdo-Bourseplus : Quelle photographie faites-vous du marché immobilier en ce milieu d’année 2018 ?

Estelle Laurent : On observe une petite baisse des demandes de prêts, c’est ce que nous constatons. Mais nous ne sommes pas très représentatifs du marché en ce moment, puisque nous avons été cités par 60 Millions de Consommateurs comme étant le courtier de l’année en raison de notre offre très compétitive et cela a énormément développé les demandes de prêts. En tous cas, dans nos relations avec les banques, elles nous expliquent clairement qu’il y a une tendance avec des demandes à la baisse, parce qu’il y a eu moins de renégociations. Toutefois, on observe que les taux sont vraiment bas. Ils ont atteint le niveau du premier trimestre 2017, mais selon nos indicateurs, cela devrait augmenter progressivement jusqu’à la fin de l’année.

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