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Le cercle de réflexion ouvre le débat sur les problématiques éthiques des nouvelles technologies.
LA NOUVELLE ÉCONOMIE INTERVIEW
✍️ Par Propos recueillis par Yannick URRIEN
Jacques Moulin, directeur général de l’IDATE DigiWorld : « On assiste à une accélération de la prise de connexion par rapport à votre intimité. »
L’IDATE DigiWorld est le think tank européen de référence sur les questions liées aux nouvelles technologies. Chaque année, un séminaire annuel rassemble des spécialistes mondiaux pour évoquer des sujets liés au digital. Cette fois-ci, le thème était « Homo Digitalis : le citoyen à l’âge du numérique ». Jacques Moulin, qui termine sa première année en qualité de directeur général de l’IDATE DigiWorld, revient sur cette conférence de Montpellier. Il souligne que la région Occitanie Pyrénées Méditerranée dispose d’un écosystème digital dynamique qui permet également à l’IDATE DigiWorld de mieux porter la parole des territoires. Par ailleurs, dans le cadre du partenariat entre l’Université Euro-Méditerranéenne de Fès et l’IDATE DigiWorld, la première conférence DigiWorld Summit Africa se tient vendredi 22 juin à Fès, de 8h30 à 16h30.
L’Hebdo-Bourseplus : Vous semblez vous orienter sur des sujets davantage liés à l’évolution de l’homme, notamment vis-à-vis des données et de l’habitat du futur, alors que jusqu’à présent vous étiez plutôt sur des problématiques techniques : pourquoi cette orientation ?
Jacques Moulin : C’est vrai, nous avons fêté les quarante ans de l’IDATE l’année dernière. Nous étions traditionnellement sur des thématiques techniques, technologiques et réglementaires mais, dans l’histoire de l’IDATE, il y a eu une période où l’IDATE s’était intéressé aux usages et aux aspects sociologiques. Notre idée est de prendre en compte toutes les dimensions qui sont celles de la transformation digitale et il n’est pas possible de ne considérer cette révolution qu’à travers des aspects technologiques, réglementaires et économiques. Ce sont des éléments importants, c’est notre ADN d’avoir des chercheurs, des économistes et des analystes qui travaillent pour décrypter les grandes tendances de l’économie digitale, les grandes évolutions sur les médias, Internet et les opérateurs, mais tous les acteurs du secteur industriel et des services s’intéressent aussi aux usages et à la façon dont les différentes parties prenantes d’un écosystème digital interagissent.
Il était donc légitime et normal que nous assumions notre intérêt pour cette thématique sociétale. Il ne s’agit pas d’une réorientation, mais il s’agit juste, dans cet événement, de répondre à une demande de compréhension du monde. Nos membres nous avaient aussi demandé une évolution de nos angles d’attaque traditionnels, ce qui ne veut pas dire que nous ne sommes plus des experts de la technologie, de la réglementation et de l’économie : nous restons avec cette expertise, mais nous ouvrons notre champ d’analyse et notre champ de compréhension du monde à des problématiques qui sont aussi sociétales. Quand on aborde l’Homo digitalis, on évoque aussi la cyber sécurité, donc on parle de la réglementation, de la technologie et du rôle des opérateurs.
Quand on parle de l’habitat du futur, on parle évidemment de la technologie et de la réglementation. La thématique la plus disruptive est celle qui a trait à l’inclusion et qui permet aux acteurs publics et aux entreprises privées de réfléchir aux défis qui peuvent se poser, comme le recrutement des femmes dans le monde du digital, mais aussi sur les mécanismes d’inclusion pour éviter l’exclusion d’une partie de la société de cette économie digitale. C’est un vrai sujet qui concerne tout le monde. Notre cercle de réflexion se doit, à l’image de l’économie digitale, d’être inclusif, holistique et d’embarquer toute la dimension sociale et sociétale du digital. C’est ce que nous avons fait, sans mettre à mal notre expertise technologique, réglementaire et économique.
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