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Malgré les taux bas, le pouvoir d’achat immobilier est en forte baisse.
LA VIE DE L’IMMOBILIER
✍️ Par Propos recueillis par Yannick URRIEN
Cécile Roquelaure, directrice de la communication et des études d’Empruntis : « Nous avons une vraie problématique de prix, mais surtout une problématique de volume de biens à la vente. »
La dernière étude du courtier Empruntis indique que, malgré la baisse des taux, les prix continuent d’augmenter : « Le pouvoir d’achat des ménages se contracte à nouveau. Pour la deuxième fois consécutive, les mensualités ont augmenté dans 10 des 11 villes étudiées et les écarts se creusent entre les villes, mais aussi entre les acquéreurs ». Ainsi, « en 6 mois, les taux ont baissé en moyenne de 19 centimes soit une diminution de 15 % du coût de l’argent pour les emprunteurs. Pour autant, le pouvoir d’achat immobilier se voit encore rogner. Déjà, sur le précédent semestre, nous notions que le niveau bas des taux ne permettait pas aux Français de conserver le même pouvoir d’achat, c’est à nouveau vrai aujourd’hui. Les taux, malgré leur niveau proche des plus bas historiques, ne peuvent compenser la hausse des prix. Il faut dire que ces derniers ont grimpé en moyenne de 3,6 %, sur ces 6 derniers mois, mais avec de très fortes disparités : entre 2 % à Strasbourg et 11,3 % à Bordeaux. Seule Lille fait figure d’exception avec des prix qui ont reculé de 2,25 %. »
On relève de grands écarts dans le pouvoir d’achat immobilier des Français : « Pour un 90 m² à Strasbourg, les acquéreurs ne pourront acquérir qu’un 75 m² à Lyon. Pour un 75 m² à Lille, les emprunteurs auront un 45 m² à Bordeaux. Pour un 30 m² à Paris, il est possible d’acheter un 110 m² à Lille… A m² équivalents, il faut débourser 1,5 fois plus à Bordeaux qu’à Toulouse et 3,2 fois plus à Paris qu’à Toulouse ». L’étude constate que « les taux sont historiquement bas et les perspectives ne peuvent pas être à nouveau baissières, en tout cas insuffisamment pour redonner du pouvoir d’achat. En effet, les marges des banques sur l’activité de crédit immobilier sont fortement entachées par les réglementations successives (délégation d’assurance…).
Il est impératif que le marché retrouve la raison : dans les grandes métropoles où la demande est forte, les prix constituent un véritable handicap ». Empruntis souligne également que « le volume de biens disponibles devrait baisser en raison du ralentissement de la construction (les mises en chantier dans le collectif ont baissé de 6,1 % entre le dernier trimestre 2017 et le 1er trimestre 2018 selon la FPI). On voit les premiers impacts du ralentissement de la demande ». Cécile Roquelaure, directrice de la communication et des études d’Empruntis, répond aux questions de L’Hebdo-Bourseplus.
L’Hebdo-Bourseplus : On a le sentiment que même si les taux n’ont jamais été aussi bas, le pouvoir d’achat immobilier n’a jamais été aussi faible, en raison de l’augmentation des prix dans les grandes villes. Quelle est la situation ?
Cécile Roquelaure : Effectivement, les taux sont à un niveau quasi historique. Nous ne sommes vraiment plus très loin de ce que l’on avait connu en octobre 2016, puisque nous sommes seulement à 6 centimes d’écart sur le taux à 15 ans et 4 centimes sur le taux à 20 ans. Nous sommes proches de ce que nous avions connu à la rentrée scolaire de 2016 mais, en même temps, les prix augmentent très vite. Évidemment, tout cela se fait de façon hétérogène puisque les prix n’augmentent pas de la même manière en Auvergne ou dans la Creuse, qu’à Paris, Nice ou Rennes.