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Brexit or not Brexit, that still is the question
LE DOSSIER DE LA SEMAINE
✍️ Par Nicolas MIGUET
Nous poursuivons cette semaine nos études traditionnelles sur les sociétés, sur le décryptage des comptes et sur leurs perspectives, sur les pays, sur les secteurs et les grands sujets, conseils à l’appui. Le 1er juin 2018 (numéro 944) : “Les résultats décryptés, suite”. Bonne lecture !!!
Sortie de l’Union Européenne ou y rester, la question reste toujours d’actualité pour nos voisins d’outre-Manche. On appelle cela des négociations, mais, pour l’instant, rien n’avance ! Au Royaume-Uni, on essaie de faire contre mauvaise fortune bon cœur, dans un an, l’« entreprise Royaume-Uni » ne fera plus partie de l’Union européenne, c’est certain, mais elle aura peut-être éclaté, de surcroît, puisque les Ecossais ne l’entendent pas de cette oreille. Au moment où l’Italie cherche à faire un gouvernement, dans les circonstances que l’on sait, le dossier britannique est sorti de l’actualité, pourtant, l’économie britannique commence à patiner, du fait du vote de juin 2016, il y a deux ans de cela. Le Royaume-Uni n’est toujours pas sorti de l’Union européenne, mais la sortie annoncée a fait baisser fortement la livre sterling, du coup, les produits
importés ont augmenté en tarif, sans droits de douane pour renflouer le budget, juste par l’effet de la dépréciation monétaire.
La livre faible titre l’inflation.
Du coup, l’inflation, au cours des deux dernières années, a été augmentée d’environ 3 % par rapport à la tendance qu’elle aurait pu avoir s’il n’y avait pas eu cette décision populaire, de justesse. Selon le gouverneur de la Banque d’Angleterre, M. Mark Carney (un Canadien de nationalité), qui a été auditionné devant la Commission au Trésor de la Chambre des Communes, le Brexit a déjà coûté environ 900 livres sterling (autour de 1.000 euros) à chaque foyer britannique. Ce n’est pas une petite somme ! Si les Anglais avaient décidé de ne pas quitter l’Union européenne, la croissance du PIB aurait été plus élevée d’un point par rapport à sa trajectoire actuelle, en 2016, en 2017, et bien sûr encore en 2018 et en 2019 ce qui, au cumul, entraîne une minoration théorique du PIB de 4 %, ce qui est tout sauf négligeable. Le taux de chômage britannique a beau être au plus bas depuis 1975, c’est lié essentiellement au départ de plus en plus rapide d’un certain nombre de populations à haute qualification, qui se réinstallent en Europe continentale, tout comme les services bancaires qui les emploient. Du coup, malgré l’inflation, les salaires réels ont du mal à suivre.
Au premier trimestre, la croissance du PIB n’a été que de 0,1 %, c’est le pire résultat au cours des cinq dernières années. Bien sûr, comme en Allemagne ou en France, les conditions climatiques ont été mauvaises, cela a touché le BTP. Pourtant, il faut savoir que, dans le BTP, comme dans d’autres métiers, il y a eu une renonciation aux investissements, et, depuis un an, le marché automobile britannique est en forte baisse, après quelques années records, l’euphorie n’est plus de mise. En dehors de PSA qui a décidé, sur la base de garantie gouvernementale, d’investir pour fabriquer des utilitaires dès le milieu de l’année 2019 à Luton, dans des conditions économiques désormais favorables, les investissements de grandes tailles se font rares, désormais, bien que le royaume compte tout de même plus de 60 millions de consommateurs, des clients potentiels. Certains Britanniques ont un peu la « gueule de bois ». Il faut se souvenir que le 23 juin 2016, une petite majorité d’entre eux (51,9 %) a eu la drôle d’idée de se séparer du continent, pour assumer leur identité insulaire, pour quitter l’UE, après un mariage de plus de quarante ans.