Gros plan sur le marché immobilier haut de gamme à Bruxelles.

LA VIE DE L’IMMOBILIER

✍️ Par Propos recueillis par Yannick URRIEN

Nicolas Frings, directeur de Barnes Bruxelles : « Il y a une réelle internationalisation de Bruxelles et le Brexit va confirmer cette tendance ».

Bruxelles est la capitale de l’Europe, mais aussi le poumon économique de la Belgique, l’économie de la ville représentant à elle seule 20 % du PIB national, avec un PIB par habitant qui se situe parmi les plus élevés d’Europe. L’économie bruxelloise a pour caractéristique de ne pas s’emballer avec les événements, en conférant ainsi à la ville une stabilité qui inspire confiance à la clientèle haut de gamme internationale, selon la dernière étude de Barnes que nous présentons. Nicolas Frings, directeur de Barnes Bruxelles, répond aux questions de L’Hebdo-Bourseplus.


L’Hebdo-Bourseplus : Bruxelles a toujours eu la réputation d’être une ville où les prix de l’immobilier sont peu élevés par rapport à ceux de Paris. Le constat est-il identique pour le marché haut de gamme ?

Nicolas Frings : Le marché immobilier a fortement progressé lors de la dernière décennie, mais il n’y a pas eu de réelle remontée au cours des cinq dernières années. Il y a une attractivité de Bruxelles pour diverses raisons, notamment la fiscalité. Nous avons connu une arrivée importante de Français au cours de ces dernières années, mais il y a une forte concurrence fiscale en Europe, avec le Luxembourg et le Portugal notamment. Donc, ce n’est pas forcément l’attractivité fiscale de Bruxelles qui a de l’intérêt, c’est aussi la qualité de vie et la proximité de Paris pour les expatriés français. Bruxelles est également un endroit très central en Europe et il y a donc beaucoup d’expatriés qui viennent à Bruxelles. Nous avons un tiers de demandes qui sont émises en anglais, on peut donc considérer qu’un tiers de nos demandeurs ne sont ni Belges ni Français. Cela montre bien qu’il y a une réelle internationalisation de Bruxelles et le Brexit va confirmer cette tendance.


La rareté des biens fait grimper les prix jusqu’à 8 000 euros le mètre carré pour les mieux placés. Or, vu de Paris, 8 000 euros, ce n’est finalement pas une somme excessive…

Il y a une différence qui est assez notable, puisque Bruxelles est clairement plus attractive en termes de prix que Paris, New York et Londres. Nous ne sommes pas dans ces catégories et cela se ressent très bien, parce que le prix des locations reste nettement inférieur à une ville comme Paris. Mais il y a un autre point à prendre en considération : en France, vous avez la loi Carrez qui vous oblige à communiquer sur la surface vendue avec une précision extrême. En Belgique, c’est différent. Une telle loi n’existe pas et les surfaces qui sont données sont souvent approximatives, puisque l’on parle d’une surface brute ou d’une surface habitable. Parfois, cela fausse un peu la donne par rapport aux habitudes que peuvent avoir les Français avec la loi Carrez.

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