Azerbaïdjan : une stratégie d’alignement sur les standards européens.

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✍️ Par Propos recueillis par Yannick URRIEN

Sahil Babayev, vice-ministre de l’Économie de la République d’Azerbaïdjan : « Notre volonté est aussi d’amener ici l’expérience européenne avec une législation identique à celle des normes européennes. »

C’est dans son bureau à Bakou que Sahil Babayev, vice-ministre de l’Économie de la République d’Azerbaïdjan, a reçu Yannick Urrien pour une réunion de travail, ainsi qu’un entretien pour évoquer la politique économique de l’Azerbaïdjan. L’entretien technique s’est déroulé en azéri, avec un traducteur, mais Sahil Babayev est aussi francophone puisqu’il a compris les trois quarts de la conversation en français… Il confirme la volonté de l’Azerbaïdjan de s’aligner sur les standards européens et souligne que son pays, qui assure une égalité de traitement entre les investisseurs nationaux et étrangers, n’a pas connu de conflits avec ces derniers jusqu’à présent.


L’Hebdo-Bourseplus : Quelle est votre politique d’attractivité des investissements étrangers en Azerbaïdjan ?

Sahil Babayev : Traditionnellement, l’Azerbaïdjan a toujours été un pays attractif pour les investisseurs étrangers, surtout à partir de 1995. Depuis cette date, 247,3 milliards de dollars ont été investis en Azerbaïdjan, dont plus de 50 % proviennent des investissements étrangers. Outre ce chiffre, il y a un autre sujet de fierté pour nous : selon la législation azerbaïdjanaise et l’Accord de la promotion et protection mutuelle des investissements, les investisseurs étrangers ont le droit de faire appel à l’arbitrage international. Néanmoins, nous n’avons reçu aucune demande à ce sujet jusqu’à présent. Mais nous allons beaucoup plus loin dans notre approche, puisque nous ne faisons pas de différence entre les investisseurs étrangers et les investisseurs locaux, qui sont à égalité et qui bénéficient des mêmes droits, et nous leur avons présenté le régime national, qui est le régime supérieur. J’ajoute que nous avons signé toutes les conventions internationales dans ce domaine et nous avons aussi établi une base normative bilatérale avec la France (Traité bilatéral d’investissement, double imposition, etc.).

Des investisseurs français peuvent profiter des opportunités créées par ces accords. Nous avons parallèlement favorisé l’entrepreneuriat en créant des zones économiques spécialisées, parcs industriels, quartiers industriels, nous avons mis en place des facilités économiques, notamment sur les droits des impôts et de douane, pour que les investisseurs saisissent les opportunités qui leur sont offertes. L’Azerbaïdjan se trouve à un carrefour stratégique majeur, entre le Sud et le Nord, l’Ouest et l’Est, dans un territoire de transit, avec des pays importants qui sont voisins. L’Azerbaïdjan a signé des accords de libre-échange avec neuf pays. Ainsi, il faut bien comprendre que les investissements ne doivent pas se calculer sur une population de 10 millions de personnes, mais sur 200 millions, lorsque l’on englobe les pays avoisinants. Autre sujet d’attractivité : la main-d’œuvre est beaucoup moins chère. Tout cela fait que les projets peuvent devenir très rapidement profitables.


Vous évoquez le coût du prix de la main-d’œuvre, or on peut penser que d’ici à quelques années le niveau de vie va progresser et que cela va s’équilibrer avec celui de l’Europe…

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