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Est-ce la fin de l’état de grâce pour Emmanuel Macron ?
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✍️ Par Propos recueillis par Yannick URRIEN
Fabien Di Filippo, député Les Républicains de la Moselle : « L’écart entre les discours grandiloquents d’Emmanuel Macron et la réalité de la vie du pays est en train de devenir abyssal. »
Fabien Di Filippo est député de la Moselle et secrétaire général adjoint des Républicains. C’est lui qui est intervenu, au nom de son groupe, pour dénoncer la mauvaise approche du gouvernement dans le contexte de la réforme de la SNCF : « Le choix des ordonnances sur la réforme du rail a des conséquences désastreuses. Cette méthode autoritaire et anxiogène inquiète le personnel de la SNCF, prive le Parlement d’un véritable débat de fond sur l’organisation du rail en France et prend en otage les usagers ». Le blocage du pays, avec ces mouvements de grève, intervient alors que les Français sont déjà très mécontents de la hausse des taxes diverses et, par ailleurs, du projet de limiter à 80 km/h la vitesse sur les routes secondaires. Fabien Di Filippo répond aux questions de L’Hebdo-Bourseplus.
L’Hebdo-Bourseplus : Le service minimum a été instauré lorsque votre famille politique était au pouvoir. Toutefois, dans l’esprit du grand public, il n’existe toujours pas, puisque certaines lignes ne fonctionnent pas et notre pays se retrouve donc bloqué à chaque mouvement de grève…
Fabien Di Filippo : Ce qui est en question, c’est la stratégie du gouvernement, qui a provoqué tellement de blocages en raison de cette méthode autoritaire sur les ordonnances et qui provoque beaucoup de crispations, jusqu’au sein du Parlement, y compris chez les gens qui sont favorables à une réforme de la SNCF. Ce qui nous désole réellement, c’est que dans cette réforme il n’y ait absolument rien qui permette de répondre aux vrais défis structurels de la dette et de la compétitivité de la SNCF. C’est vraiment une réforme a minima, qui entraîne des blocages et des problèmes pour les usagers qui sont au maximum. Donc, réforme a minima pour un désordre maximum. Nous regrettons profondément cela.
Vous estimez que cette réforme ne va pas changer grand-chose, mais qu’elle va quand même avoir pour effet de bloquer le pays. Alors, quitte à le paralyser, autant avoir une vraie réforme !
C’est ce que nous appelons de nos vœux, puisque l’ouverture à la concurrence avait été décidée bien avant au niveau européen et, à partir de là, nous savions que la SNCF doit adapter ses structures, ses réseaux et sa manière de fonctionner. Mais avec une dette de 47 milliards d’euros, qui génère 1 milliard et demi de frais financiers par an, avec en plus 3 milliards de subventions du système de retraite des cheminots chaque année, peut-on être capable de nous expliquer en quoi cette réforme répond à ces défis ? J’ai posé la question au Premier ministre et je n’ai pas eu de réponse. Je me suis retrouvé sur des plateaux de télévision avec des membres de la majorité et je n’ai pas eu de réponse… Alors, pourquoi cette réforme ? On fait croire aux gens que l’on brise le statut des cheminots, mais c’est seulement pour les nouveaux entrants. Quel est réellement le changement ? Je pose la question et je constate que personne n’y répond.
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