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Un village de l’Allier récompensé par une Marianne d’or pour sa politique verte.
LA VIE DES COMMUNES ET COLLECTIVITÉS LOCALES
✍️ Par Propos recueillis par Yannick URRIEN
Christophe de Contenson, maire de Couzon (Allier) : « Nos dirigeants perdent toute cette vision humaine du développement d’un pays. »
Couzon est un village de 276 habitants situé dans le département de l’Allier. Il a décroché l’une des 24 Marianne d’or pour sa politique en faveur de l’environnement. Ce prix national est organisé par l’association éponyme et il est souvent présenté comme les César des collectivités locales. Le village est récompensé pour son travail dans le domaine de la protection de l’environnement et aussi pour son jardin d’arbres fruitiers. Cette histoire a commencé en 2014, lorsqu’un verger, qui était en train de mourir derrière l’église locale, a été relancé. Ainsi, 45 pommiers, poiriers et pruniers, portant chacun le prénom d’un écolier, ont été plantés avec l’aide des enfants. Ensuite, la commune a eu l’idée d’organiser chaque année, au mois de septembre, la Fête de la Pomme qui rassemble maintenant plus d’un millier de visiteurs. Par ailleurs, des jardins partagés ont été mis en place et la commune envisage même de créer un musée d’éducation à l’environnement. Christophe de Contenson, maire de Couzon, nous présente sa politique dans ce domaine.
L’Hebdo-Bourseplus : Comment avez-vous eu l’idée de postuler au prix de la Marianne d’or ?
Christophe de Contenson : Dans un premier temps, quand on s’inscrit, on se dit que l’on va tenter le coup mais, très sincèrement, on ne pense pas forcément gagner, parce qu’il y a déjà des grandes collectivités qui n’obtiennent jamais cette Marianne d’or. Nous étions sur le secteur de la politique verte et c’est sans doute ce qui a plu dans notre démarche. Mais, en termes de notoriété, je dois reconnaître que c’est très important et je ne m’en rendais pas compte. Tous les élus de l’Allier sont venus, alors qu’ils ne se croisent pas forcément. Cela a également un impact pour l’équipe municipale et cela joue même en notre faveur pour les demandes de subventions. Pour le développement de la ruralité, si l’on veut que la France avance sur un socle à peu près équilibré, il faut qu’il se passe autant de choses en milieu rural qu’en milieu urbain, mais que le milieu rural soit complémentaire du milieu urbain. Cela va nous permettre d’oser un peu plus et d’avoir en face de nous une réceptivité des bailleurs de fonds, puisque cette Marianne d’or accrédite une démarche, aussi bien sur la gestion de la commune que sur les projets que nous pouvons avoir.
Vous évoquez un certain équilibre entre la ville et la campagne, or cela n’existe plus pour de nombreux élus ruraux…
On sait que, depuis très longtemps, la France est un État centralisé. Dans notre code génétique, les Français rêveraient de plus d’indépendance et de décentralisation mais, dès qu’ils ont un problème, ils n’attendent qu’une chose, c’est d’être sauvés par l’État et la collectivité ! Les Français sont finalement assez ambigus dans ce rapport à l’État, au pouvoir et à l’autorité. Quand on est à Paris, on est confronté à la réalité du monde et je pense que nos dirigeants perdent toute cette vision humaine du développement d’un pays. Donc, on raisonne sur des grands concepts, en termes de pôles économiques mais, derrière, on a la réalité des subventions qui baissent considérablement et des compétences que l’on nous augmente ou que l’on ne nous retire pas : c’est déjà une forme d’incohérence. En plus, on veut revitaliser la ruralité mais, si l’on veut garder nos écoles, par exemple, tout cela a un coût. Lorsque l’on observe qu’il y a 13 % de subventions en moins sur notre budget annuel, c’est quelque chose de colossal quand on sait que le coût d’un kilomètre d’enrobé est de 25 000 euros... Si l’on vous retire 30 000 euros en deux ans, c’est quand même important ! Je pense que le pouvoir a un effet euphorisant et, à un moment donné, on oublie certaines choses et l’on n’est plus connecté.