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1er trimestre 2018 du marché immobilier : une année charnière et un retour à une dynamique raisonnée.
LA VIE DE L’IMMOBILIER
✍️ Par Propos recueillis par Yannick URRIEN
Cécile Roquelaure, directrice des études et de la communication d’Empruntis : « Notre réseau de courtage nous a fait l’écho de villes où les biens peuvent parfois se vendre au-dessus du prix affiché au départ ! »
C’est un bilan en demi-teinte pour ce début d’année : Selon le courtier Empruntis, bien que le marché immobilier reste toujours très porteur, les emprunteurs (qu’ils soient primo-accédants, secundo-accédants ou investisseurs locatifs) sont moins présents sur ces trois derniers mois. En effet, la demande de financement diminue de 16 % au premier trimestre 2018, comparé à celui de 2017. Cécile Roquelaure, directrice des études et de la communication d’Empruntis, résume la situation : « Nos chiffres le prouvent, le marché immobilier est aujourd’hui en net recul. La demande globale de financement (tous projets confondus) baisse de 16 % sur le premier trimestre par rapport à celui de 2017. Mais il faut dire qu’après trois années exceptionnelles, le marché se devait de redevenir mesuré. Rappelons que le cycle de vie du produit « financement » et donc « immobilier » est long : le volume d’acheteurs sur ces deux dernières années ne pouvait qu’annoncer une décélération.
Concédons aussi que l’augmentation des prix et les mesures législatives prises pour 2018 poussent à battre en retrait bon nombre d’acquéreurs modestes, bien que les conditions d’emprunt continuent d’être excellentes. » Ainsi, « le premier trimestre 2018 marque une véritable baisse de la demande de financement chez les primo-accédants avec une chute de 23 % par rapport au T1 2017. Ce chiffre s’explique par différentes raisons, que ce soit le recentrage du PTZ (- 3 points pour la part des bénéficiaires de PTZ au T1 2018), la suppression des APL dans le neuf ou encore le manque d’offres de biens dans un contexte de hausse de prix. Malgré tout, les banques, toujours accommodantes, conservent des politiques d’octroi et de taux très favorables. De fait, nous notons une augmentation des ménages sans apport (soit 14,9 % vs 9,55 % en T1 2017), ainsi qu’une hausse du montant emprunté malgré des revenus stables et un apport en baisse ». Cécile Roquelaure, directrice des études et de la communication d’Empruntis, répond aux questions de L’Hebdo-Bourseplus.
L’Hebdo-Bourseplus : Le marché immobilier continue d’être dynamique et, même s’il est toujours très haut, vous semblez dire que l’on a atteint un plafond. Est-ce votre principale conclusion ?
Cécile Roquelaure : On a même atteint ce plafond il y a déjà quelques mois. Tout dépend de quel point de vue on se place, parce que, très souvent, les acteurs du marché évoquent les dossiers financés ou les ventes immobilières réalisées, ce qui nous place en moyenne trois mois après l’initiation des projets en moyenne, alors que l’on s’attache toujours à regarder les lancements de projets pour avoir un peu de vision sur le marché. Effectivement, cela fait quelques mois que l’on voit la demande stagner, avec des intentions d’achat en baisse. On a atteint un plafond, on va certainement retrouver la raison parce que, même si les taux restent excessivement attractifs, il y a quand même des composantes sur le marché qui limitent et contraignent la demande : ce sont évidemment les prix de l’immobilier, mais aussi le volume de biens disponibles. Depuis quelques mois, notre réseau de courtage nous explique qu’il y a des primo-accédants qui sont finançables, mais qui ne trouvent pas de biens dans les grandes métropoles. Le vrai sujet, c’est le nombre de biens disponibles pour les acheteurs qui sont sur le marché. On arrive au bout de cette dynamique et nous allons retrouver une activité un peu plus sereine sur le marché immobilier en 2018.
Ne sommes-nous pas dans une situation assez paradoxale en France, avec des zones où il y a très peu de biens disponibles mais énormément de demandes, alors que sur 80 % du territoire il y a beaucoup de biens à vendre, mais pas d’acheteurs ?