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Bulle spéculative : "boom" ou "pschitt" ?
ANALYSE GRAPHIQUE
✍️ Par Mustapha GHAILANE
La pression vendeuse se fait de plus en plus sentir sur l’ensemble des places boursières internationales. La résistance offerte par les contreparties acheteuses est cependant variable selon les zones géographiques ( pour davantage de détails sur ce point, voir mes analyses antérieures sur les « divergences baissières » ). Pour bien comprendre ce qu’il se passe actuellement il faut rester connecté sur le passé récent et le moins récent. Les grands indices boursiers, tirés par les bourses américaines, ont bénéficié d’un ensemble d’aides considérables de la part des banques centrales qui ont injecté massivement de l’argent frais dans le circuit financier mondial par deux biais : une très forte baisse des taux d’intérêt administrés et des plans de rachats d’actifs de dettes en déshérence créés par des banksters sans scrupules et inondant les marchés ( les subprimes ). En « pompant » ces actifs toxiques, les banques centrales ont provoqué des excès de liquidités qui se sont formés un peu partout, amplifiés par le retour de la croissance et les résultats des entreprises en forte croissance. De plus, les plans d’auto achat d’actions se sont multipliés, financées par des trésoreries abondantes et parfois même à crédit de manière directe ( aux États-Unis ) ou indirecte ( en Europe ). Tout cela a conduit les marchés dans une seule direction, la hausse jusqu’à l’excès. Et comme cela ne suffisait pas, l’avènement au pouvoir d’un certain Donald Trump a encore amplifié le phénomène en proclamant des baisses d’impôts massives exactement au sommet du cycle d’expansion !
Ce type de mesures se justifie uniquement lorsque l’économie ne va pas bien pour relancer la machine mais pas lorsque celle-ci tourne déjà à plein régime ! Le résultat est que la bulle spéculative qui dominait les marchés financiers s’en est trouvée encore sur-gonflée avec des risques d’éclatement quasi certains à moyen terme. Aujourd’hui, avec la baisse de début février et l’échec des remontées des cours jusqu’aux niveaux précédant la correction ( sauf sur le Nasdaq ) montrent clairement que le souffle n’est plus suffisant pour maintenir ce niveau de gonflage. En d’autres termes, les excès de liquidités ont été absorbées par les niveaux bien trop élevés des marchés financiers par des achats massifs totalement inadéquats. Les points de faiblesse de la chaîne financière des marchés se trouvent en Europe et au Japon ( voir par ailleurs les analyses techniques sur les indices correspondant dans ce numéro ). Quand on pense que le marché qui a le mieux résisté à la baisse est le Nasdaq qui est dominé par les capitalisations démentielles des fameuses « GAFAM », il devient évident que le pire reste à venir ! Pour le moment, les seuils techniques majeurs semblent encore tenir à l’instar des 5.050 points sur le Cac 40, mais pour combien de temps encore ? Alors, les marchés vont-il baisser violemment ( explosion de la bulle ) ou bien lentement et donc pendant très longtemps en faisant un long « pschitt » ?
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