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Les petits villages sont de plus en plus confrontés à des problèmes sociaux.
LA VIE DES COMMUNES ET COLLECTIVITÉS LOCALES
✍️ Par Propos recueillis par Yannick URRIEN
Roger Cochet, maire de Pezé-le-Robert (Sarthe) : « Les grandes villes déplacent la population qui a moins de moyens vers les petites villes. »
Roger Cochet, maire de Pezé-le-Robert, un village de 370 habitants situé dans le département de la Sarthe, consacre sa retraite à la gestion de sa commune et ce n’est pas toujours facile ! Récemment, dans un entretien accordé à la presse locale, tout en reconnaissant qu’être le maire d’un village est une mission agréable, il estimait que les élus sont de plus en plus amenés à régler les petits conflits de voisinage et aussi accueillir une population en difficulté sociale qui se retrouve chassée des grandes villes. Il répond aux questions de L’Hebdo-Bourseplus.
L’Hebdo-Bourseplus : Vous soulignez dans la presse locale que les petites communes doivent accueillir des populations qui sont rejetées des grandes villes et que la question sociale devient problématique dans les villages. Comment gérez-vous cela ?
Roger Cochet : Il y a deux facettes à cela. On pourrait être très content, d’un côté, parce que, si l’on accueille plus de monde, on aura peut-être plus d’enfants pour fréquenter nos écoles, donc la menace de fermeture des classes est moins importante. C’est un point positif. D’ailleurs, beaucoup de communes essaient d’avoir un peu plus d’enfants. Je suis en SIVOS (Syndicat à vocation scolaire) avec une commune voisine, mais nous sommes toujours sous le couperet d’une fermeture de classe. Face à cela, on organise un regroupement pédagogique intercommunal, ce qui signifie que l’on se regroupe entre plusieurs communes pour élargir le périmètre et éviter les fermetures de classes. On sait pertinemment que les grandes villes déplacent la population qui a moins de moyens vers les petites villes, c’est un phénomène que l’on observe et il ne s’agit pas d’être polémique. Dans ce phénomène, il y a un aspect positif puisqu’il y a plus d’enfants pour fréquenter nos écoles. Mais, l’autre côté des choses, c’est qu’il y a davantage de précarité dans nos communes et des difficultés de tous ordres. Il y a des difficultés de déplacement aussi, quand on est à la campagne, parce qu’il n’y a pas de moyens de transport.
Cela entraîne-t-il une demande plus forte en termes de logements sociaux ?
Qu’est-ce que le logement social, finalement ? Oui, quand nous devons revoir le plan local d’urbanisme intercommunal, puisque c’est à la mode. Il y a un volet qui concerne le logement social. Mais les petites communes ne sont pas encore soumises à cette obligation et nous n’avons pas les mêmes contraintes que les villes plus importantes, parce que nous n’avons pas de moyens de transport. Dans ce contexte, il est difficile d’accueillir des familles qui n’ont pas les moyens de se déplacer. À la campagne, nous avons beaucoup de familles qui travaillent au Mans ou à Alençon et qui n’ont pas beaucoup de soucis pour se déplacer.
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