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L’avertissement d’un parlementaire centriste à Emmanuel Macron...
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✍️ Par Propos recueillis par Yannick URRIEN
Bertrand Pancher, député UDI de Meuse : « La conjonction des agacements peut faire réagir la société tout entière. »
Bertrand Pancher est député de la Meuse depuis 2007 et secrétaire de la commission du développement durable et de l’aménagement du territoire. Maire de Bar-le-Duc de 1995 à 2001 (date à laquelle il fut élu président du Conseil général de la Meuse), il a été réélu à ce poste en 2014 et en a démissionné en juin dernier, à la suite de sa réélection à l’Assemblée nationale. Il est aujourd’hui membre du conseil municipal de Bar-le-Duc et de la Communauté d’agglomération Meuse Grand Sud. Il y a quelques mois, il s’est vu confier, par la ministre des Transports, Élisabeth Borne, la présidence de l’un des six groupes de travail constitués à l’occasion des Assises nationales de la Mobilité : celui portant sur les « mobilités plus connectées ». Il commente l’actualité politique pour les lecteurs de L’Hebdo-Bourseplus.
L’Hebdo-Bourseplus : Vous êtes prêt à soutenir la réforme de la SNCF, à condition qu’il y ait un débat au Parlement. Est-ce le résumé de votre position ?
Bertrand Pancher : J’aurais préféré qu’il y ait un débat au Parlement, parce que c’est un sujet complexe qui mérite des explications. Les organisations syndicales me semblent prêtes à une discussion et elles auraient également préféré que cette discussion se traduise par des échanges avec les parlementaires. Il aurait été de bon ton d’ouvrir ce débat au Parlement, sachant que je suis absolument convaincu que les orientations du gouvernement auraient été entérinées. Sur le fond, je pense que la réforme est inéluctable. Elle était d’ailleurs attendue et, s’il n’y avait pas eu l’élection présidentielle et les législatives, avec l’arrivée d’une nouvelle équipe, cette réforme aurait sans doute été préparée un peu plus tôt et elle aurait été aussi mise en place dès cette année, car il y a nécessité de tenir compte des directives européennes dans ce domaine, notamment celle sur l’ouverture à la concurrence et celle sur le changement de statut de notre opérateur national.
Pensez-vous que les organisations syndicales soient prêtes à la concertation, alors qu’elles semblent très fermées sur cette question en menaçant de tout bloquer ?
Oui, mais les organisations syndicales savent toutes que l’ouverture à la concurrence est inéluctable. On ne peut pas y échapper, parce que c’est une règle européenne, et nous avons tous en tête le calendrier avec une ouverture à la concurrence dès 2020. Pour préparer cela, il faut un changement de statut de la SNCF qui doit absolument se transformer en société commerciale à capitaux publics car l’idée n’est pas que l’État se débarrasse un jour de la SNCF. Il y a la question de la préparation de l’ouverture à la concurrence, avec les statuts nouveaux des personnels de la SNCF qui seront transférés à la concurrence si celle-ci gagne certaines parts de marché. Donc, tout le monde sait que c’est maintenant et qu’il n’y a pas d’autres solutions. Après, il y a la question du blocage de certaines organisations syndicales, car il y a des surenchères entre les organisations syndicales de la SNCF, avec notamment la question du statut des cheminots. Tout le monde en fait une ligne rouge, mais actuellement il y a 30 % de recrutement hors statut à la SNCF et il ne faut pas oublier que le statut du personnel actuel ne sera pas changé. Il faut maintenant créer de nouveaux statuts non-fonctionnaires pour l’ensemble de la profession. Je comprends donc qu’il y ait un peu de nervosité de la part des organisations syndicales.
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