⟵ Retour
Les géants de l’Internet, après ceux des télécoms et la distribution, s’attaquent aux banques.
LE DOSSIER DE LA SEMAINE
✍️ Par Nicolas MIGUET
Nous poursuivons cette semaine nos études traditionnelles sur les sociétés, sur le décryptage des comptes et sur leurs perspectives, sur les pays, sur les secteurs et les grands sujets, conseils à l’appui. Le 23 mars 2018 (numéro 934) : “Les résultats décryptés, suite”. Bonne lecture !!!
Les grandes banques sont dans le collimateur de concurrents multiples, plus que jamais. Jean-Laurent Bonnafé, patron de BNP Paribas, n’est pas un homme naturellement inquiet, et ce n’est pas la nomination de François Baroin, ancien ministre du Budget et des Finances de Nicolas Sarközy, comme conseiller de la banque britannique Barclays qui va l’empêcher de dormir. Pourtant, recruter le patron de l’Association des maires de France est une belle prise pour la banque britannique, qui s’offre un « super-VRP » dans l’hexagone et sur le continent, car pour Barclays, la France est redevenue un marché attractif, notamment afin de garder un pied sur la zone euro, du fait du Brexit, qui s’annonce de plus en plus hard. Jean-Laurent Bonnafé n’est pas très heureux de sa médiocre relation avec Emmanuel Macron, à qui il avait demandé, de façon insistante, de faire pression sur Angela Merkel afin de pouvoir récupérer la Commerzbank, un établissement lui permettant de devenir puissant outre-Rhin, après avoir conquis la Belgique, le Luxembourg, l’Italie et avoir mis un pied très fortement sur le marché polonais.
Santander a pris un “coup d’avance” en zone euro.
BNP Paribas a des problèmes dans la zone euro : l’alliance avec PSA pour reprendre 50 % de l’ancienne filiale financière de General Motors Europe (financement des ventes des marques Opel et Vauxhall) ne compense pas le fait que le groupe ait été négligé, au profit de l’espagnol Santander, pour l’association avec Banque PSA Finance en ce qui concerne le financement des ventes des marques Peugeot, Citroën et DS, un marché beaucoup plus significatif, beaucoup plus pesant. BNP Paribas a un problème de taille. En 2017, le chiffre d’affaires (produit net bancaire), a stagné pour la troisième année consécutive, à peine au-dessus de 43 milliards d’euros. Entre 2015 et 2017, les charges générales d’exploitation ont augmenté d’un bon demi-milliard d’euros, les marges se pincent, seule la réduction de presque un milliard d’euros du coût du risque a permis de dégager des résultats en amélioration, avec un résultat net part du groupe de 7,76 milliards en 2017 chez BNP Paribas.
Le géant bancaire français est aujourd’hui dans une situation délicate. Il est attaqué à l’international par l’émergeance de nouveaux acteurs tels que les filiales du géant chinois Alibaba, dont le site de paiement est aujourd’hui impliqué dans le développement de la marque Renault en Chine, une activité que BNP Paribas est dans l’incapacité totale de faire. Lancé en 2004, Alipay est un succès considérable, Alibaba a progressivement développé toute sa gamme, avec l’épargne en 2013, le crédit en 2014 puis en 2015 et les systèmes de paiement à partir de l’année 2017. Il n’y a pas que Alibaba qui soit un nouvel opérateur à succès en Chine, Baidu s’est lancé dans les services financiers en 2015, la même année que pour Tensent. Même s’ils ne sont pas encore très présents en Europe, Apple a lancé Apple Pay en 2014, et a trouvé un allié en France avec les Caisses d’Epargne.
Amazon aussi gros en banque que Wells Fargo?