Les professionnels s’insurgent contre l’augmentation de la taxe sur les résidences secondaires.

LA VIE DE L’IMMOBILIER

✍️ Par Propos recueillis par Yannick URRIEN

Jean-Marc Torrollion, président de la FNAIM : « La résidence secondaire, c’est souvent la résidence que l’on acquiert pour réunir la famille, on y fabrique des souvenirs et on s’y installe au moment de sa retraite. »

C’est une surprise qui n’était pas prévue au programme d’Emmanuel Macron : il s’agit du doublement de la taxe sur les résidences secondaires. En effet, le gouvernement vient d’autoriser les élus locaux à faire passer cette surtaxe jusqu’à une limite de 60 %. Jean-Marc Torrollion, président de la FNAIM, l’influent syndicat des professionnels de l’immobilier, monte au créneau et il invite tous les résidents secondaires à s’inscrire sur les listes électorales de leur commune secondaire pour peser contre ce qu’il qualifie comme « une fiscalité discriminante et à bout de souffle ».


L’Hebdo-Bourseplus : Dans la dernière loi de Finances, le gouvernement autorise les communes à doubler la taxe sur les résidences secondaires et l’on se doute que beaucoup d’entre elles ne vont pas se priver de le faire !

Jean-Marc Torrollion : C’est déjà ce que l’on constate et il y a une philosophie qui est difficilement acceptable dans cette affaire, selon laquelle il faudrait punir un immobilier improductif ou qui n’entrerait pas dans le prisme de la politique du logement de nos élus... Je pense que c’est une erreur. Il y a 3 millions de résidences secondaires en France. On sait que pour 75 % d’entre elles, les gens n’en ont pas hérité et on sait que 35 % de ces résidences secondaires appartiennent à des retraités, mais on sait aussi qu’une grande partie de ces résidences secondaires ont une utilité économique forte, puisqu’elles contribuent à loger un certain nombre de touristes et de voyageurs dans un pays qui est la première destination touristique mondiale.


C’est aussi, pour de nombreux Français, un moyen de préparer leur retraite…

Il y a plusieurs aspects dans la résidence secondaire et, derrière ce vocabulaire, on peut y ranger différentes formes d’investissements. Comme vous le soulignez, il y a l’aspect villégiature. La résidence secondaire, c’est souvent la résidence que l’on acquiert pour réunir la famille, on y fabrique des souvenirs et on s’y installe au moment de sa retraite. Évidemment, cette résidence, on n’y vit pas tous les jours, on n’y est pas de façon continue et elle n’a pas vocation à être louée, mais je ne vois pas ce qui serait condamnable dans la mesure où c’est un immobilier qui est parfaitement entretenu et qui constitue à lui seul une forme de marché supplémentaire par rapport à un marché qui pourrait être relativement faible s’il était circonscrit à l’économie locale. Derrière les résidences secondaires, il y a aussi un immobilier de loisirs, c’est-à-dire un immobilier que l’on a acquis en front de mer ou en montagne et cet immobilier a une valeur productive puisqu’il est destiné à être loué à des vacanciers. Cet immobilier est déterminant.

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