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Les agriculteurs inquiets des conséquences des accords de libre échange.
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✍️ Par Propos recueillis par Yannick URRIEN
Gérard Menuel, député LR de l’Aube : « L’agriculture canadienne est en train de s’organiser pour alimenter le consommateur européen. »
Les accords de libre échange inquiètent les agriculteurs et Gérard Menuel, député Les Républicains de l’Aube, vient d’interpeller le gouvernement sur ce sujet en soulignant que les paysans « ne comprennent pas la nouvelle carte des zones défavorisées et sont vent debout face aux impacts prévisibles du CETA – Comprehensive economic and trade agreement – et du Mercosur – Mercado común del Sur ». Selon le parlementaire, « ces accords provoqueront l’arrivée de 165 000 tonnes de viande bovine en Europe, avec pour conséquence immédiate des baisses de prix de 10 % chez les producteurs, entraînant une nouvelle chute de leurs revenus. Pourtant, l’exécutif national s’est beaucoup agité à propos du Mercosur, en particulier au Sommet de l’élevage, en affirmant qu’aucune offre de viande bovine ne serait acceptée, position confirmée ensuite par le Président de la République lors de sa visite à Rungis, avant un revirement, le 25 janvier dernier, avec l’annonce, par le même Président de la République, d’une ligne rouge non négociable à 70 000 tonnes.
Et voici qu’aujourd’hui, la France serait prête à accepter un volume de 99 000 tonnes ! Admettre cela, c’est, par exemple, des steaks de viande bovine importée, issue de bœufs engraissés dans des feedlots avec une alimentation à base de végétaux OGM, d’antibiotiques, de farines animales, d’activateurs de croissance, viande accompagnée de galettes d’un soja OGM défolié avant récolte… » Stéphane Travert, ministre de l’Agriculture et de l’Alimentation, lui a déclaré : « La position de la France sur le Mercosur n’a pas varié. La France défend sa filière bovine ; elle défend des conditionnalités fortes pour protéger cette filière ; elle défend, non les importations, comme vous semblez le suggérer, mais la qualité de sa filière bovine et les vœux du consommateur français. Nous avons à cœur de porter les ambitions de cette filière, notamment à travers le plan de filière construit par l’Interbev – l’Association nationale interprofessionnelle du bétail et des viandes – et l’ensemble des acteurs, et à défendre son excellence ». Une réponse insatisfaisante pour Gérard Menuel, député LR de l’Aube, qui répond aux questions de L’Hebdo-Bourseplus.
L’Hebdo-Bourseplus : Vous êtes préoccupé par les répercussions des accords CETA et Mercosur sur les agriculteurs, particulièrement les exploitants de viande bovine. Quelles sont les conséquences redoutées ?
Gérard Menuel : Ces accords sont importants. Je ne conteste pas le fait d’avoir des accords internationaux, mais nous avons des règles sanitaires de production au sein de l’Union européenne, à juste titre, pour défendre le consommateur et nous considérons qu’il serait particulièrement désastreux, pour le producteur français et le consommateur, de se libérer des règles internes et de permettre l’introduction au sein de l’Union européenne d’une matière première agricole qui ne serait pas produite avec les mêmes règles que celles imposées aux producteurs français. On ne peut pas accepter que l’Union européenne outrepasse ce mandat en offrant la possibilité à de la viande argentine ou brésilienne d’entrer, peu importe la quantité, avec des normes de production qui ne correspondent pas du tout à ce que nous exigeons des producteurs français.
N’incombe-t-il pas au consommateur d’avoir le dernier mot au moment de son choix ?