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Préparer votre succession ne va pas vous tuer, mais vous permettra déconomiser gros.
LE DOSSIER DE LA SEMAINE
✍️ Par Nicolas MIGUET
Nous poursuivons cette semaine nos études traditionnelles sur les sociétés, sur le décryptage des comptes et sur leurs perspectives, sur les pays, sur les secteurs et les grands sujets, conseils à l’appui. Le 9 mars 2018 (numéro 932) : “Les résultats décryptés, suite”. Bonne lecture !!!
Je connais, malheureusement, des personnes qui, à l’idée de préparer leur succession, en jaunissent (défense de rire, en jaunissent… à l’idée). En attendant, les Français se passionnent pour le testament de l’ancienne idole des jeunes, décédée récemment, dans un énorme hommage populaire. On parle de mante religieuse pour sa veuve, alors que l’on oublie que les successions non préparées sont sources de conflits, ce que l’on peut voir actuellement, avec, de surcroît, l’irruption de la loi américaine dans le circuit, là où, en bons Français, vous pensez qu’il n’est pas possible de déshériter ses enfants ! Si vous venez à disparaître subitement, finalement, il se peut que votre décès soit la bombe qui fasse exploser ce que vous avez construit laborieusement au fil des ans : une famille.
Il est rare que les familles soient heureuses lorsqu’il y a « du foin au râtelier », et qu’il n’y a rien eu de préparé par le décédé, dont on va se disputer l’héritage. Il n’y aura pas que les pendules et autres bibelots qui vont être séparés, il y aura parfois des problèmes sur le logement, il y aura également tous les actifs non inventoriés qui pourront « disparaître », beaucoup plus facilement que l’argent qui se trouve sur le compte en banque, les contrats d’assurance-vie, et ce qui a été donné, au fur et à mesure des années, à celui ou celle des enfants ou des petits-enfants qui aura été le visiteur le plus fidèle du vieux papy ou de la vieille mamie. Moins d’un Français sur dix prend la peine de rédiger un testament.
Deux tiers de problèmes, un tiers de guerre familiale...
Dans les faits, le diable se cache dans les détails, et l’on a souvent des vrais soucis pour l’attribution juste des tableaux, des meubles, et des différents objets qui composaient le doux foyer dans lequel vous vivez. Certains pensent que rédiger son testament, c’est déjà mourir un peu. C’est faux. Alors, si je vous parle d’anticiper la succession, de vous « dépouiller », avant votre décès, vous allez crier « au fou ! », et certains lecteurs irascibles vont même considérer que je me mêle de ce qui ne me regarde pas, ils ont peut-être raison, mais si vous vous êtes abonné à un hebdomadaire patrimonial, il faut quand même lire les articles que nous publions, qui ne sont pas seulement frappés au coin du bon sens mais frappés au coin de vos intérêts bien compris, pour éviter que le fisc ne soit le principal héritier, car c’est, dans les périodes de conflits, ce qui en résulte, surtout lorsque le patrimoine est conséquent. Si vous pensez que vos enfants vont se débrouiller pour le mieux, vous êtes dans l’erreur. Les conflits entre héritiers sont très fréquents, et les notaires, qui sont dans ce genre de situation, déplorent deux tiers de situations conflictuelles (dont un tiers de vraie guerre familiale) pour un tiers de situations apaisées. En organisant le partage de vos biens de votre vivant, vous économisez sur les frais de transmission à titre gratuit (droits de succession), et vous allez aussi pouvoir protéger votre conjoint, car le régime légal ne le fait pas. Si vous vous y prenez correctement, vous n’allez pas pour autant vous démunir, vous pourrez bénéficier des revenus de votre patrimoine, avec le système du démembrement de vos propriétés.
Arrangez vos affaires avant de partir.