La France va mieux ? C’est à l’extérieur que nos pépites ou grosses entreprises trouvent de la croissance.

LE DOSSIER DE LA SEMAINE

✍️ Par Nicolas MIGUET

Nous poursuivons cette semaine nos études traditionnelles sur les sociétés, sur le décryptage des comptes et sur leurs perspectives, sur les pays, sur les secteurs et les grands sujets, conseils à l’appui. Le 23 février 2018 (numéro 930) : “Les résultats décryptés, suite”. Bonne lecture !!!

Les premières grandes entreprises qui ont publié les résultats au titre de 2017 n’ont pas déçu, il y a même eu de bonnes surprises. Le groupe L’Oréal a marqué une accélération de sa croissance entre les neuf premiers mois de l’année 2017 et le quatrième trimestre, la Chine a dopé ses ventes, les résultats sont à la hauteur, les marges ont augmenté fortement, en partie du fait de la cession d’une activité faiblement rentable, les magasins de cosmétiques bio « The Body Shop », qui sont sortis du périmètre de L’Oréal, faute d’y avoir trouvé une capacité de croître, au rythme des autres marques du géant de la cosmétique et des parfums. Chez L’Oréal, c’est la Chine qui explique la croissance. 


Total racketté par la France.

Chez Michelin, la croissance a également été au rendez-vous, faisant plus que compenser les coûts en augmentation des matières premières, et cela se passe en dehors des frontières de l’hexagone, bien évidemment. Que dire des résultats de Total ? S’ils sont bons, c’est parce que l’entreprise française explore et extrait en dehors de la France, où elle gagne de l’argent, alors que, pendant de très longues années, pour le raffinage et pour la distribution, le groupe Total n’a pas gagné d’argent en France, ce qui déchaîna l’ire des marxistes de tout poil, qui prétendaient que Total ne payait pas d’impôts, en faisant plus de 10 milliards d’euros de bénéfices ! C’était bien évidemment factuellement faux, puisque Total, partout où il travaille, paie les impôts qui sont dus aux différents Etats et que, en France, le groupe Total a toujours payé des impôts, à divers titres, ayant même été racketté à plusieurs reprises pour subventionner les achats de fioul pour les ménages dits modestes. Il y a belle lurette que les grandes entreprises ont cherché à l’extérieur des frontières de la France la croissance qu’elles ne pouvaient plus trouver chez nous. Un groupe comme Total a pu, grâce aux énormes bénéfices réalisés sur l’exploration et la production à l’étranger, consacrer des sommes importantes pour adapter son outil français de raffinage, ce qui nous permet de créer de la valeur ajoutée sur le pétrole en France, alors que, dans beaucoup d’autres pays, on se contente d’importer des produits raffinés, exportés avec valeur ajoutée par les pays producteurs. Cela ne concerne pas que les grosses entreprises.


Plus de textile en France ? Lectra est allé en Asie...

Très régulièrement, j’ai parlé de beaucoup de petites entreprises françaises, qui ont connu un beau renouveau, dans les dernières années, et qui ont récupéré la croissance nécessaire à l’étranger. Je pourrais prendre le cas de Lectra, un titre qui cote actuellement entre 21 et 22 euros, qui vaut donc 670 millions d’euros en Bourse environ, et qui s’est spécialisé dans la fabrication de machines à découper le tissu, le cuir, et tous les textiles techniques, par des équipements, des machines-outils, et des logiciels pour les utiliser, pour aider à la conception et à la fabrication assistée par ordinateur (CFAO), dans un secteur textile qui a presque complètement disparu de la France. Le groupe Lectra faisait moins de 200 millions d’euros de chiffre d’affaires et 13,6 millions d’euros de bénéfice net en 2012, le chiffre était monté à 260 millions d’euros pour le chiffre d’affaires en 2016, le résultat net ayant doublé, à 26,66 millions.

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