Un élu rural lance un cri d’alarme en écrivant à Emmanuel Macron

LA VIE DES COMMUNES ET COLLECTIVITÉS LOCALES

✍️ Par Propos recueillis par Yannick URRIEN

Stéphane Pruvost, maire de Vendelles (Aisne) : « Tout le monde est désemparé puisque personne ne voit la moindre solution. »

Parce qu’il estime que la vie des villages de France, dont le sien, est menacée, Stéphane Pruvost, maire de Vendelles, une commune de 114 habitants située dans le département de l’Aisne, a écrit au président de la République pour émettre un cri d’alarme. L’élu a rendu public son courrier et il indique avoir reçu une réponse de l’Élysée. Il répond aux questions de L’Hebdo-Bourseplus.


L’Hebdo-Bourseplus : Qu’est-ce qui vous a incité à vous adresser directement au président de la République ?

Stéphane Pruvost : C’est un cri d’alarme, un cri d’alerte, mais aussi un cri du cœur pour mon village, car la dotation globale de fonctionnement a diminué d’environ 8000 euros d’une année sur l’autre, sur un budget global de 100 000 euros : pour nous, c’est énorme ! Nous avons un regroupement communal sur le plan scolaire et chaque enfant nous coûte 900 euros. Nous en avons une vingtaine dans le village, donc, avec la baisse constante de la dotation globale de fonctionnement et la suppression de notre emploi aidé, nous ne savons plus comment faire au sein du conseil municipal. J’ai écrit au président de la République pour qu’il nous explique comment on peut faire avec moins d’argent et plus de charges... Il y a aussi la question des emplois aidés, puisqu’un village comme le nôtre ne peut pas employer quelqu’un, avec le coût des charges patronales. Mais je suis loin d’être le seul dans ce cas puisque, dans notre département de l’Aisne, qui est très rural, nous nous inquiétons tous de l’avenir de nos petites communes.


Ne constatez-vous pas un mouvement de désaffection de la part de l’État, qui ne s’occupe plus des communes rurales ?

J’en suis persuadé. En discutant entre maires, nous avons tous le même avis : les petites communes peuvent crever... L’État veut nous rassembler en une grosse commune, mais je dis souvent que trois pauvres n’ont jamais fait un riche ! Je ne vois pas où est l’intérêt de tout cela, sauf à nous tuer politiquement et administrativement. C’est vrai, on observe cela depuis plusieurs années.

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