Moyen-Orient, plus que jamais, une zone à risques.

LE DOSSIER DE LA SEMAINE

✍️ Par Nicolas MIGUET

Nous poursuivons cette semaine nos études traditionnelles sur les sociétés, sur le décryptage des comptes et sur leurs perspectives, sur les pays, sur les secteurs et les grands sujets, conseils à l’appui. Le 2 février 2018 (numéro 927) : “Les résultats décryptés, suite”. Bonne lecture !!!

Troisième partie : Quand l’Algérie explosera, les dégâts seront aussi chez nous.

Béni des dieux, mais...  

L’Algérie est un pays béni des dieux, avec un climat formidable, avec des ressources hydriques significatives, avec du pétrole, du gaz, et d’autres matières premières. Le pays dispose d’une main-d’œuvre qualifiée, mais elle se perd dans la recherche d’emploi, car le régime ultra-corrompu récupère entre un tiers et la moitié de la rente pétroléo-gazière à son seul et unique profit, de l’argent qui n’est pas réinvesti en Algérie, de l’argent qui s’évade vers la Suisse, la France, les Etats-Unis ou tout un tas d’autres pays, où l’herbe est peut-être plus verte. A la fin des années 1990, au début des années 2000, un de nos collaborateurs avait écrit un livre qui avait connu un vrai écho à l’époque : « La mafia des généraux ». Il estimait que l’Algérie pourrait s’en sortir avec la fin de la génération de l’indépendance, vers 2020-2025. Le problème, visiblement, c’est qu’après les généraux, il y a les enfants des généraux, les petits-enfants des généraux… et que la mafia continue.


La sombre histoire de Renault Algérie.

Vous voulez un exemple ? Lorsque Renault a fait une conférence de presse pour annoncer son implantation locale (avec théoriquement un accord d’exclusivité bafoué depuis, sic), avec le montage des Thalia (version dotée d’un losange de la Dacia Logan), le gouvernement algérien a parlé d’un investissement de l’ordre de 1,5 milliard d’euros, tout cela pour une usine « tournevis », avec un très faible taux d’intégration locale, qui coûte quelques dizaines de millions d’euros à fabriquer, au pire. Renault n’a pas commenté, dans les faits, quand on regarde avec attention les comptes de Renault, la participation de 49 % détenue par Renault dans sa filiale algérienne n’est valorisée que quelques dizaines de millions d’euros. Via le partenaire local, il est vraisemblable que cette opération a été une énorme opération de détournement d’argent, en survalorisant les terrains, en survalorisant aussi les infrastructures d’approvisionnement de l’usine. La loi algérienne rend obligatoire un partenariat majoritaire avec une entreprise algérienne, Renault a laissé son partenaire algérien ne pas démentir les chiffres annoncés par Alger. Si vous êtes un peu curieux, le site qui est aujourd’hui en cours de construction au Pakistan représente exactement le même schéma que l’usine Renault d’Algérie, la capacité de production est de 50.000 voitures par an, il y aura juste l’assemblage du Duster, et Renault se trouve être allié avec le groupe Majid Al-Futtaim. La construction d’une telle usine d’assemblage ne prend que quelques mois, la vente des premiers véhicules se fera dès 2019.

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