L’ancien ministre commente l’actualité politique et appelle Emmanuel Macron à amplifier ses réformes libérales.

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✍️ Par Propos recueillis par Yannick URRIEN

Gérard Longuet, sénateur LR de la Meuse : « Les gens qui investissent regardent la dépense publique en se disant que ce gouvernement continue de dépenser. Il allège les impôts aujourd’hui, mais il sera obligé de les rétablir demain, parce qu’il n’a pas diminué la dépense. »

L’ancien ministre Gérard Longuet, sénateur LR de la Meuse, a accepté de répondre aux questions de L’Hebdo-Bourseplus pour faire le point sur l’actualité politique en ce début 2018. Il revient sur la nouvelle limitation de vitesse sur les routes secondaires en expliquant pourquoi une telle mesure aura pour effet de pénaliser l’économie française et le pouvoir d’achat de tous ceux qui ont besoin d’une voiture pour travailler.


L’Hebdo-Bourseplus : Quelle photographie faites-vous de l’année 2017 avec l’élection d’Emmanuel Macron, qui n’a pas été une surprise, compte tenu de son adversaire du deuxième tour, puis la victoire d’une majorité En Marche ! à l’Assemblée nationale et les premières réformes engagées par la nouvelle majorité ?

Gérard Longuet : Nous constatons, hélas, l’extrême présidentialisation de la vie politique française. Tout s’est joué à l’occasion du premier tour de la présidentielle. Le deuxième tour n’a pas été une surprise et Emmanuel Macron l’a emporté face à Marine Le Pen. Il y a eu une tragédie de la droite, une injustice faite aux électeurs de la primaire, mais il faut également se souvenir que Benoît Hamon, à travers la médiocrité de sa campagne, a libéré les électeurs de gauche qui ont craint de se retrouver avec un choix impossible pour eux : François Fillon face à Marine Le Pen… Donc, ils ont voté pour Emmanuel Macron. Il a défendu un programme économique assez libéral et, peu importent les députés En Marche ! dont certains viennent de la gauche, nous avons bien un programme économique plutôt libéral, favorable à l’investisseur, qui a été mis en place depuis six mois, notamment à travers le prélèvement forfaitaire unique, la suppression de l’ISF sur les valeurs mobilières ou les ordonnances sur l’emploi. Ce sont des mesures qu’une droite libérale aurait parfaitement pu prendre à son compte.


Une droite libérale aurait-elle maintenu la concentration de l’ISF sur l’immobilier ?

C’est une injustice qui s’explique. C’est une injustice parce que, après tout, on a le droit de choisir librement la façon dont on gère son épargne. L’immobilier est la passion des Français parce que c’est quelque chose de concret et, dans un pays qui continue d’avoir des besoins de logements importants, les investisseurs et les propriétaires bailleurs rendent un immense service à leurs compatriotes. Mais il est vrai que nous manquons de capitaux pour l’industrie et pour les nouvelles technologies. La droite aurait supprimé l’ISF, y compris sur l’immobilier, et je pense que le président Macron sera obligé, à un moment ou un autre, de supprimer l’IFI (Impôt sur la fortune immobilière) parce qu’il sera impraticable. Quand vous avez de l’immobilier dans un patrimoine d’entreprise, comment distinguer ce qui est indispensable à l’activité industrielle et qui ne doit pas être taxé, de ce qui est accessoire et qui devrait être taxé ? C’est simplement impossible. On s’en rendra compte assez rapidement, c’est le vœu que je forme.

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