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Comment la droite française peut-elle se reconstruire ?
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✍️ Par Propos recueillis par Yannick URRIEN
Philippe Gosselin, député LR de la Manche : « Je ne crois pas à une disparition à terme de ce qui a fait les grands courants des idées politiques. »
Philippe Gosselin, député LR de la Manche, commente l’actualité politique pour les lecteurs de L’Hebdo-Bourseplus. Il revient sur l’élection de Laurent Wauquiez à la présidence des Républicains et il évoque l’avenir de la droite française face au positionnement libéral d’Emmanuel Macron.
L’Hebdo-Bourseplus : Après l’élection de Laurent Wauquiez à la présidence des Républicains, quel doit être le message de la droite à un moment où les cartes semblent être encore un peu floues ?
Philippe Gosselin : Nous sommes encore en convalescence. Les six premiers mois de l’année 2017 ont été difficiles, avec une perturbation de nos primaires, l’élection d’Emmanuel Macron et une majorité En Marche écrasante à l’Assemblée Nationale… Nous avons besoin de nous reprendre et, pour être clair, cela ne se fait pas en quelques mois. Il y a deux temps. Le premier temps est réalisé avec l’élection de Laurent Wauquiez, puisque nous avions besoin d’être identifiés, avec un chef qui incarne l’opposition au sens physique du terme. C’est fait avec Laurent Wauquiez. C’est quelqu’un qui a du dynamisme, des idées et qui sait être visible. Maintenant, Laurent a aussi un challenge, celui de réunir notre famille. Je fais partie de ceux qui considèrent que nous devons avoir un grand mouvement, qui rassemble aussi bien une droite dite forte, une droite souverainiste, des gaullistes sociaux, mais aussi des personnalités centristes, comme Jean Leonetti, qui sont restées beaucoup plus nombreuses qu’on ne le dit au sein du mouvement. Le rassemblement doit se faire sur des bases claires, un projet pour la France.
Tout cela nécessite quelques débats, un peu de temps, et nous devons continuer de prendre le bâton de pèlerin pour nous adresser à l’ensemble de nos concitoyens, en veillant à ce que notre position soit crédible, audible et surtout force de propositions. Nous ne devons pas tomber non plus dans l’opposition systématique, car je crois que nos concitoyens n’attendent pas que l’on soit en désaccord permanent avec le gouvernement. S’il y a des sujets qui sont bons, nous devons les voter sans nous pincer le nez. Je disais pendant la campagne que si je n’étais pas En marche, je voulais quand même que ça marche... Je ne suis toujours pas En marche, et sans doute encore moins qu’il y a quelques mois, mais je veux toujours que ça marche ! Dans ce contexte, l’opposition doit être crédible et, surtout, force de propositions.
Même si vos électeurs ne soutiennent pas Emmanuel Macron, ils n’ont pas beaucoup de raisons de le combattre, contrairement à des présidents qui étaient plus clivants comme François Mitterrand ou François Hollande…
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