Des conventions démocratiques sur la refondation de l’Union européenne

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✍️ Par Propos recueillis par Yannick URRIEN

Valérie Gomez-Bassac, députée LREM du Var : « Nous devons travailler sur le rôle des institutions pour mettre en place ce qui est demandé par les citoyens. »

Lors de la campagne présidentielle, Emmanuel Macron avait annoncé son intention d’organiser des conventions démocratiques sur la refondation de l’Union européenne pour concevoir l’Europe citoyenne. Ces réunions devraient se dérouler de mai à octobre 2018, en amont des élections européennes de 2019. Tel est le souhait porté par un rapport parlementaire présenté par Valérie Gomez-Bassac (LREM) et Michel Herbillon (LR), qui proposent une méthodologie pour mettre en œuvre ce grand débat européen. Selon les pistes exposées par ce document, la mobilisation des citoyens sur la refondation de l’Europe pourrait passer par deux leviers d’actions. En premier lieu, une vaste consultation en ligne, qui devrait permettre d’interroger les citoyens sur quelques idées globales sur l’avenir de l’Europe. Cette étape serait suivie de débats locaux dans les États membres intéressés.

Parmi les questions qui seraient soumises aux citoyens, les députés ont listé des sujets très généraux : Quelles sont les valeurs de l’Europe ? Qu’attendez-vous de l’Europe dans votre quotidien ? Quel changement attendez-vous de l’Europe ? Ces questions générales pourraient être complétées par des enjeux plus spécifiques, en fonction des pays. Dans chaque État, un comité de pilotage national ferait ensuite remonter le résultat des débats vers « un comité des sages européens » piloté par les institutions européennes. Afin de conférer une valeur formelle, les députés préconisent une déclaration des chefs d’État et de gouvernement qui pourrait être adoptée en marge d’un sommet européen, avec une charte définissant les grands principes de ces conventions démocratiques. Valérie Gomez-Bassac, députée LREM du Var, répond aux questions de L’Hebdo-Bourseplus.  


L’Hebdo-Bourseplus : On parle beaucoup de la refondation de l’Europe, Emmanuel Macron avait évoqué ce projet lors de la campagne présidentielle, mais pour une majorité de nos concitoyens, cela reste toujours un monstre bureaucratique et peu démocratique. Est-ce en raison d’un effet de taille, mais aussi parce que les médias n’en parlent pas ?  

Valérie Gomez-Bassac : Je vais confirmer et aussi compléter ce que vous dites. Au niveau des médias, on parle très peu de l’Europe, sinon toujours dans des termes négatifs. C’est toujours lié à la crise ou au Brexit, on ne donne plus une belle image de l’Europe et le citoyen s’en détourne. Il y a quelques années, il y avait des émissions à la télévision, avec Christine Bravo pour un public populaire, ou avec Christine Ockrent, et elles donnaient de belles images de l’Europe. Ensuite, l’aspect institution effraie. Il est toujours facile de dire que c’est de la faute du Parlement ou de la Commission de Bruxelles, on ne voit plus que les mesures négatives adoptées par les institutions et l’on oublie que l’Europe apporte des choses très positives, telles que les normes européennes comme le port de la ceinture de sécurité dans les véhicules... Ce sont aussi les normes européennes qui imposent la traçabilité des produits.

Donc, finalement, on a un peu perdu le bon côté de l’Europe. Les jeunes ont grandi dans l’Europe et ils ne se rendent pas compte que l’Europe a apporté la paix et la libre circulation. Ils n’ont pas connu les frontières, ils n’ont pas connu la nécessité de changer de l’argent... Tout cela fait que l’Europe n’est plus vraiment parlante pour eux. Il faut donc créer des valeurs communes. En France, il y a le problème de la langue, ce qui n’est pas le cas dans d’autres États où la population maîtrise plusieurs langues étrangères. Je crois surtout qu’il faut fédérer autour de valeurs et de passions communes en parlant de l’Europe autrement.  

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