Un graphique boursier mettant en évidence les lignes de tendance, niveaux de support et résistance

La fuite en avant des marchés ne présage rien de bon

ANALYSE GRAPHIQUE

✍️ Par Mustapha GHAILANE

Alors que la réforme fiscale américaine est définitivement adoptée, les marchés vont devoir se trouver d’autres raisons pour la poursuite du mouvement haussier qui dure depuis deux ans. Le risque le plus important à court terme est celui de « vendre le fait » car la réforme Trump a été très largement anticipée par tous les opérateurs. Autrement dit, y-a-t-il encore un réserve d’acheteurs suffisante pour prendre le relais et alimenter la hausse au cours des prochains mois. Pour le moment, comme le montrent les graphiques du Dow Jones et du Nasdaq Composite, les indices US sont à leur zénith absolu en ayant encore battu de nouveaux records historiques. Par ailleurs, la fin de l’exercice fiscal est généralement peu propice aux prises des bénéfices à la fois pour des raisons fiscales et en raison des opérations d’habillage de bilan de fin d’année pour les fonds d’investissement et de pension. La hausse des places américaines s’est avérée nettement plus forte que les autres bourses mondiales en raison justement de cette fameuse réforme fiscale qui d’un seul coup de plume législatif a amélioré mécaniquement les ratios de valorisation traditionnels des seules valeurs américaines de plusieurs degrés. Toutefois, la hausse cumulée au cours des deux dernières années s’apparente fortement à une bulle spéculative qui a touché auparavant les marchés obligataires et ensuite l’immobilier. La persistance de taux très bas et même en zone négative en Allemagne et en Suisse et même en France pour certaines maturités ( de 0 à 2 ans ) ne peut pas se poursuivre à l’infini sans poser de sérieux problèmes à un moment ou un autre. Les banques classiques se trouvent en première ligne et commencent à souffrir sérieusement de la situation. Sans le soutien direct et permanent de la BCE, certains établissements seraient déjà en très graves difficultés.

En France, l’assurance-vie ne rémunère plus les souscripteurs qui parfois perdent même de l’argent de manière récurrente une fois les frais de souscription et de gestion prélevés par l’intermédiaire financier ( Banque ou Compagnie d’assurance ). Maintenant, que se passerait-il si les marchés actions baissaient fortement ? Il y aurait tout simplement un appauvrissement brutal des investisseurs finaux, notamment les classes moyennes et les retraités dont les revenus sont issus des rendements des fonds de pension comme aux États-Unis. Cela provoquerait immédiatement une profonde récession car les banques centrales ne pourraient plus avoir recours aux baisses massives des taux qui sont déjà négatifs ! Le problème est similaire pour les fameuses « QE » car l’endettement des banques centrales est déjà colossal. Pendant ce temps-là, un nouveau phénomène voit le jour avec l’apparition et l’adoption généralisée des « crypto-monnaies » qui engloutissent des milliards de dollars chaque jour avec des actifs créés ex-nihilo et qui ne sont même pas échangeables facilement contre des espèces sonnantes et trébuchantes. Je ne voudrais pas jouer les Cassandre, mais il me semble que les marchés adoptent une fuite en avant dont on ne sait pas sur quoi elle déboucherait à terme. En attendant, il vaut mieux rester sur ses gardes pour ne pas être pris dans le piège qui est entrain de se refermer sur les moutons de Panurge !

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