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Education : la majorité souhaite renouer avec les fondamentaux
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✍️ Par Propos recueillis par Yannick URRIEN
Bruno Millienne, député MoDem des Yvelines : « Il n’y a rien, depuis l’avènement de l’Internet, qui amène nos jeunes vers les bases éducatives que sont l’écriture, la lecture ou le calcul. »
Bruno Millienne a été journaliste sportif durant 27 ans. Avant d’être député, il était directeur de la continuité de l’antenne à M6. Il s’est engagé en politique en 2007 auprès de François Bayrou et il a été élu conseiller régional MoDem d’Ile-de-France en 2015. A l’Assemblée nationale, il travaille notamment sur les questions liées à l’éducation et à l’environnement. Dans l’entretien qu’il nous a accordé, il revient sur la publication de la dernière enquête PIRLS (Programme international de recherche en lecture scolaire) qui confirme l’inquiétante baisse de niveau dans les écoles françaises.
L’Hebdo-Bourseplus : La dernière enquête PIRLS (Programme international de recherche en lecture scolaire) traduit une baisse du niveau scolaire des jeunes Français. Cela fait plusieurs années que l’on dresse ce constat. Comment analysez-vous cette situation ?
Bruno Millienne : Je vais être un peu cassant, ou pas très politiquement correct, mais j’ai l’impression que depuis un certain nombre d’années, l’Éducation nationale s’est un peu perdue... Depuis François Bayrou, qui a été un bon ministre de l’Éducation, chaque ministre a voulu porter son empreinte et une réforme. Au bout d’un moment, pour les professeurs comme pour les élèves, cela apporte un facteur d’instabilité. Si vous ajoutez des dogmes pédagogiques, qui font que l’on change de programmes au moins tous les deux à trois ans, cela rend notre système éducatif un peu trouble. On ne sait pas trop où les différents ministres veulent nous emmener. Jean-Michel Blanquer est le premier ministre de l’Éducation nationale, depuis très longtemps, dont je comprends les propos, dont je partage le diagnostic et dont j’encourage la direction qu’il veut nous faire prendre et le but qu’il veut atteindre. Enfin, l’Éducation nationale a un cap, ce qui n’était pas arrivé depuis une trentaine d’années… Il faut ajouter à cela l’arrivée en masse des réseaux sociaux et des smartphones, avec cette écriture intuitive que l’on utilise beaucoup...
Tout cela ne facilite pas les choses. Il n’y a rien, depuis l’avènement de l’Internet, qui amène nos jeunes vers les bases éducatives que sont l’écriture, la lecture ou le calcul. On s’est torturé l’esprit pendant des années, alors qu’en matière d’éducation il faudrait refaire souffler l’esprit de Jules Ferry, en étant simple et pragmatique, et c’est exactement ce que fait le ministre actuellement. Je pense que sa réforme est plutôt bien perçue par les enseignants et les parents. Depuis une trentaine d’années, la vie professionnelle des gens s’est accélérée. On travaille de plus en plus tard, les gens sont toujours connectés avec leur travail et, contrairement à l’époque de nos parents, il n’y a plus de présence de l’adulte à la maison pour aider. Les gens n’ont plus le temps et, parfois, ils n’ont plus le niveau pour aider leurs enfants. Il faut tout recentrer sur le système de l’Éducation nationale au niveau de l’enseignement. Je ne parle pas de l’éducation de tous les jours, car cela reste à la charge des parents, mais les professeurs sont là pour enseigner la culture générale et donner à nos enfants des armes pour pouvoir se défendre demain dans la vie de tous les jours. Par exemple, pendant très longtemps, il n’y avait aucun problème pour faire des devoirs à la maison, les parents étaient souvent là, et, quand les parents n’étaient pas là, les aides étaient sans doute moins nécessaires. Aujourd’hui, cela touche toutes les couches de la population. Ce n’est plus une question de couches sociales, car les gens ont de moins en moins le temps. Il faut donc des professeurs qui aident les élèves, sur la base du volontariat, ce serait une bonne idée.
N’y a-t-il pas aussi trop d’idéologie dans l’Éducation nationale ?