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Les OPA en catalyseur d’euphorie à Paris ?
ANALYSE GRAPHIQUE
✍️ Par Mustapha GHAILANE
Pour la première fois depuis la correction de début novembre, l’indice Cac 40 a réussi enfin à se maintenir au-dessus de la ligne des 5.400 points en cours de clôture. Jusque-là, tous les débordements en séance avaient été systématiquement effacés au moment de la clôture. L’OPA du groupe informatique Atos sur Gemalto, le spécialiste de la sécurité numérique et des moyens de paiement électroniques. Une autre opération a également animé la côte cette semaine : l’offre de rachat sur l’australien Westfield par le groupe foncier français Unibail-Rodamco. Est-ce le prélude à l’entrée de la Bourse de Paris dans une période d’euphorie ? En effet, les OPA sont souvent suivies par la hausse des marchés car non seulement elles apportent de la liquidité mais elles montrent qu’il y a encore du potentiel puisque les offres se font largement au-dessus des derniers cours. Cela est d’autant plus incitatif que lorsque’on regarde du côté de Wall Street, on voit des indices en forme de fusées qui ne cessent de monter et accélèrent même leurs allures ! Par exemple, l’indice Dow Jones a littéralement déchiré à la hausse la ligne de résistance de son canal haussier à très long terme : c’est du jamais vu ! La question est de savoir désormais sur quel orbite compte s’installer le marché américain alors qu’il s’est littéralement satellisé. La notion de risque semble curieusement sortie du dictionnaire des investisseurs et des analystes.
Les acheteurs actuels n’achètent que parce qu’ils pensent que demain les cours seront encore plus élevés bien que tous les indicateurs de cherté du marché soient très largement dépassés depuis longtemps. Même la notion de base de l’offre et de la demande semble avoir disparue puisqu’il n’y a plus que des acheteurs. Seulement voilà, en face des actifs en situation d’hyper-inflation il y a de la dette publique et privée qui évolue dans les mêmes proportions. Pour continuer à fonctionner, le système financier mondial a besoin de beaucoup de liquidités, de plus en plus de liquidités. Les robinets des banques centrales ont fonctionné à fond depuis la crise de 2008 mais ne peuvent plus continuer ad aeternam sans provoquer une grande crise de confiance un jour ou l’autre. La Réserve Fédérale américaine commençait d’ailleurs à mettre le pied sur le frein, mais le changement de présidence semble remettre en cause ces éléments de bon sens. En attendant, soyons fous parce que tout le monde est devenu fou. Je pense que les marchés boursiers vivent actuellement dans une énorme bulle spéculative qui touche d’ailleurs aussi les obligations et même l’immobilier. Or, les nouveaux achats se font de plus en plus avec l’effet de levier de l’endettement et c’est surtout cela qui pose problème au fond car le jour où le prêteur ne voudra plus prêter ou l’emprunteur ne pourra plus payer ses échéances, tout peut s’écrouler très rapidement dans la panique générale. En attendant, tout va bien, tout le monde est content tant que la hausse se poursuit.
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