Gros plan sur l’une des medtech les plus prometteuses au monde

LA NOUVELLE ÉCONOMIE INTERVIEW

✍️ Par Propos recueillis par Yannick URRIEN

Stéphane Piat, directeur général de Carmat : « Le produit, tel qu’il existe aujourd’hui, sera très stable dans une dizaine d’années. »

Carmat est sans doute l’une des medtech les plus connues au monde puisqu’elle est à l’origine du cœur artificiel. L’actualité de Carmat est riche et elle vient de terminer sa deuxième augmentation de capital, deux ans après avoir levé 50 millions d’euros, en émettant 4 millions de nouveaux titres. Par ailleurs, Carmat a annoncé la signature d’un partenariat avec le fabricant d’imprimantes 3D métalliques AddUp, coentreprise née du rapprochement des sociétés Fives et Michelin. Cette collaboration devrait permettre de renforcer le développement industriel du cœur Carmat en contribuant à augmenter les capacités de production de la société avec pour objectif de le fabriquer à une grande échelle. Enfin, Carmat a également annoncé la première implantation de son cœur artificiel bioprothétique en République Tchèque, dans le respect du protocole de l’étude Pivot approuvée par l’Agence Nationale de Sécurité du Médicament et des Produits de Santé (ANSM) et conformément aux autorisations locales. L’objectif de l’étude, qui devrait inclure une vingtaine de patients souffrant d’insuffisance cardiaque biventriculaire avancée, est d’évaluer la sécurité et les performances du système. Les résultats seront intégrés dans le module clinique du dossier de marquage CE. Pour les lecteurs de L’Hebdo-Bourseplus, Stéphane Piat, directeur général de Carmat, évoque cette actualité.


L’Hebdo-Bourseplus : On parle beaucoup de Carmat depuis plusieurs années, c’est évidemment une merveilleuse aventure que de créer un cœur artificiel, mais comment Carmat est-elle née ?

Stéphane Piat : Le professeur Alain Carpentier a révolutionné l’histoire de la chirurgie moderne en utilisant des tissus bovins pour remplacer les valves. C’était dans les années 70. Après cette révolution chirurgicale, suite à des discussions privées avec Jean-Luc Lagardère, la conversation s’est portée sur sa prochaine aventure et il a déclaré : « Je rêve de développer un cœur artificiel, c’est une entreprise ambitieuse, mais je pense qu’il est possible de relever ce défi… » Jean-Luc Lagardère lui aurait répondu : « De quoi as-tu besoin ? » Il a dit que c’était assez complexe car, après l’intervention, il ne pourrait plus y avoir d’autres interventions et que le cœur devrait rester à jamais dans le thorax… » Jean-Luc Lagardère lui a rétorqué : « Je travaille sur les satellites et, quand on envoie ces engins en orbite, il y a plus aucune option pour les réparer… » À partir de là, il y a eu cette idée de collaboration entre Matra Défense et les équipes d’Alain Carpentier afin d’arriver à un prototype. C’est toute la genèse du projet.

Après, lorsque le prototype est arrivé à maturité, mais aussi lorsque les technologies ont été disponibles, il y a eu une collaboration avec une filiale de Matra Défense, puis une introduction en Bourse et, après plusieurs financements, nous en sommes arrivés là où nous en sommes aujourd’hui. Nous sommes en phase de transition pour arriver à la commercialisation en 2019. Les choses ont beaucoup évolué. Le projet est toujours risqué, mais le niveau de risque est de moins en moins important au fil des jours, car beaucoup de choses ont changé et nous avons accumulé une belle expérience sur les patients. Le second point porte sur la fiabilité. Nous avons des prothèses qui tournent tous les jours, dont une depuis mars 2014 en accéléré, et chaque jour notre niveau de confiance dans la prothèse se renforce. C’est l’évolution normale du dispositif médical, ce n’est pas propre à Carmat, c’est quelque chose qui se développe progressivement. La perfection n’existe pas et nous progressons au fur et à mesure de notre expérience.


Remplacer le cœur de l’homme est un mythe qui nous a accompagnés dans la littérature pendant des siècles. Or, on observe qu’entre le moment de cette conversation entre Jean-Luc Lagardère et le professeur Carpentier, et la réalité que nous observons aujourd’hui, les choses se sont concrétisées très rapidement…

Pour lire ce numéro (Accès numérique)

Validez le formulaire ci-dessous

Tarif valable jusqu'au 28/02/2027 sous réserve de variation du taux de TVA.
L'Hebdo Bourse Plus sort un numéro double fin juillet et ne paraît pas en août.

Les paiements sur notre site sont sécurisés et traités par Stripe, un prestataire de paiement en ligne de confiance. Vos informations de paiement sont protégées par des protocoles de sécurité de pointe, garantissant une expérience d'achat sûre et sécurisée. Vos données sont protégées par le chiffrement TLS et la tokenisation. Stripe est certifié conforme aux normes de sécurité PCI DSS.