Assurance-vie : un deuxième piège se referme sur les épargnants.
LE DOSSIER DE LA SEMAINE
Nous poursuivons cette semaine nos études traditionnelles sur les sociétés, sur le décryptage des comptes et sur leurs perspectives, sur les pays, sur les secteurs et les grands sujets, conseils à l’appui. Le 15 décembre 2017 (numéro 920) : “Les résultats décryptés, suite”. Bonne lecture !!!
Vous vous en souvenez peut-être, si vous êtes un lecteur abonné depuis longtemps, à plusieurs reprises, je vous avais incités à vous méfier des placements en assurance-vie, et tout particulièrement des contrats en euros. Je vous avais dit que la baisse des taux allait réduire fortement la rémunération, c’est fait ! En 2017, on peut s’attendre à une rémunération moyenne des contrats de l’ordre de 1,4% à 1,5 % contre 1,8 % ou 1,9% en moyenne en 2016. C’est moins que l’inflation désormais, et l’assurance-vie ne protège absolument plus le patrimoine, les temps où il y avait un stock d’obligations souscrites avec des taux de l’ordre de 7, 8 ou 9 % est révolu, les obligations d’Etat (OAT) apportent une rémunération de 0,63 % actuellement sur le marché secondaire, les fonds en euros sont un moyen de perdre de l’argent d’autant plus rapidement que, lors de l’ouverture d’un contrat, il y a des frais d’entrée ou frais sur versement, qui vont parfois jusqu’à 5 % du capital investi.
Frais d’entrée : première ponction.
Lorsque l’on place 5.000 euros et que 250 euros sont prélevés à ce titre, il faut ne pas oublier qu’il n’y a que ces 4.750 euros qui seront réellement placés, pour que la valeur du contrat dépasse de nouveau les 5.000 euros, il faut attendre plus de trois ans, presque quatre ans désormais. Bien évidemment, avec les prélèvements sociaux dont vous devez vous acquitter, annuellement, sur les « gains bruts » du fonds en euros, pour retrouver les 5.000 euros placés, il faudra vraisemblablement attendre cinq ou six ans. Les frais d’entrée se répètent lors de chaque versement ultérieur, pour les faire baisser voire y échapper, il faut apporter une épargne significative, de plusieurs centaines de milliers d’euros minimum. Lorsque les contrats affichent contractuellement des frais d’entrée à 0 %, il faut prendre garde aux frais de gestion. Il ne faut pas oublier que les frais de gestion sont annuels. Ils plombent la performance sur le long terme. En moyenne, selon les statistiques de la Fédération française de l’assurance, les Français conservent leur épargne en assurance-vie pendant plus de onze ans. Sur les fonds en euros, les frais de gestion s’échelonnent plus ou moins entre 0,35 % et 1 % par an. Sur onze ans, cela va ponctionner 11 % de votre épargne, quand Taxman est passé, l’assureur repasse, afin de continuer la spoliation.
Frais de gestion : deuxième saignée.
Pour les contrats en unité de compte, les frais de gestion peuvent atteindre jusqu’à 2 % par an sur les supports action. Ils se cumulent avec les frais de gestion, qui sont compris entre 0,5 % et 1,2 % et qui seront prélevés quelle que soit la performance du support, que vous soyez gagnant ou perdant. Bien évidemment, comme il y a toujours une cerise sur un gâteau magnifique, un grand nombre de compagnies facturent des frais à la sortie, qui sont pénalisants pour les rachats partiels, lorsque les épargnants veulent récupérer leur épargne par portions sur plusieurs mois ou sur plusieurs années. Quand on a opté pour une sortie en rente, il faut également repasser à la caisse. L’assurance-vie, c’est un peu comme les assignats naguère, c’est une manière de récupérer indirectement, via la collecte de l’épargne des Français, sous un prétexte d’attractivité fiscale, ce que l’Etat dépense de façon excédentaire, par gabegie et par démagogie, et dont il n’ose pas vous présenter aujourd’hui la facture sous forme d’imposition, mais qu’il récupère, sous forme d’emprunt, ou sous forme de spoliation potentielle, au fur et à mesure des années. Il faut savoir qu’il y a à peu près 37 millions de Français qui sont titulaires d’un contrat d’assurance-vie pour un encours cumulé qui sera de l’ordre de 1.700 milliards d’euros à la fin de l’année 2017. Cela n’est pas un hasard, cela correspond peu ou prou au cumul des dettes publiques, qui sera, fin 2017, de l’ordre de 2.300 milliards d’euros.
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