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Immobilier : il est urgent de redonner confiance aux investisseurs
LA VIE DE L’IMMOBILIER
✍️ Par Propos recueillis par Yannick URRIEN
Éric Allouche, directeur exécutif du réseau ERA Immobilier : « Quand on est dans un schéma de demande forte, l’offre est forcément en baisse puisque nous n’avons pas en France suffisamment de produits. »
Le dernier observatoire du marché de l’immobilier ancien réalisé par ERA compare les données récoltées au sein du réseau sur les douze mois glissants de l’année en cours (2017) à ceux de l’année précédente (2016) afin de tenir compte des variations saisonnières. Au niveau national, l’observatoire pointe une baisse de l’offre de 1,9 %, entraînant une hausse des prix de 3,9 %, alors que le volume de transactions augmente de 9,2 %. Cette hausse des volumes se poursuit depuis le troisième trimestre 2016. Sur l’ensemble du territoire, le prix de vente moyen en 2017 était de 215 857 euros. En Île-de-France, il s’établit à 281 293 euros et, en province, il atteint 186 581 euros. En France, il faut compter 80 jours pour vendre son bien en 2017 (soit 7 jours de moins, comparé à 2016).
Ce délai est ramené à 67 jours en Île-de-France (soit 6 jours de moins, comparé à 2016) et reste long mais stable en province en s’établissant à 95 jours. Une hausse du volume de transactions est relevée sur l’ensemble du territoire (+ 9,2 %), mais elle est disparate : + 4,4 % en Île-de-France, contre + 10,2 % en province. À Paris, le marché est très recherché et les prix sont en hausse. La hausse des prix est principalement marquée dans la capitale, où elle atteint 6,9 % en 2017, avec 8 707 euros le mètre carré, contre 8 145 euros en 2016. Mais cette flambée des prix ne freine pas les acheteurs puisque le délai de vente est ramené à 55 jours en 2017, contre 60 en 2016. Avec une augmentation de 18,1 % constatée au sein du réseau ERA, les volumes de ventes sont en très forte hausse. Éric Allouche, directeur exécutif du réseau ERA Immobilier, répond aux questions de L’Hebdo-Bourseplus.
L’Hebdo-Bourseplus : Le marché immobilier se porte bien, avec un volume de transactions en hausse. Les prix augmentent également, mais il faut quand même se méfier puisque vous soulignez que c’est en raison d’une baisse de l’offre…
Éric Allouche : Il faut toujours se méfier ! L’immobilier dépend de cycles : on sait que tout va bien à un moment donné, mais on sait aussi que cela ne durera pas... Cela peut aller mieux, mais cela peut aller plus mal, donc c’est général. Effectivement, quand on est dans un schéma de demande forte, l’offre est forcément en baisse puisque nous n’avons pas en France suffisamment de produits. Pendant des années, il y a eu une insuffisance de constructions et nous sommes quand même dans un marché assez tendu, c’est un problème. C’est certes tendu au niveau de l’offre, mais c’est aussi un avantage, puisque l’on a évité, dans les périodes difficiles, d’avoir des surproductions de biens immobiliers comme ce qui s’est passé en Espagne. Il y a effectivement, non pas une pénurie, mais des prix qui montent et qui sont vraiment révélateurs d’une situation où il n’y a pas suffisamment d’offres. C’est le cas à Paris. Mais Paris est un marché étroit. On sait aussi que dans certaines capitales européennes, notamment Londres, les prix sont beaucoup plus élevés qu’à Paris, donc il reste encore de la marge. Mais ce phénomène existe.
Si l’on observe une baisse de l’offre, est-ce parce qu’au cours de ces dernières années, on a dégoûté les investisseurs particuliers d’aller dans l’immobilier ?