L’inquiétude des agriculteurs face au traité de libre-échange avec le Canada

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✍️ Par Propos recueillis par Yannick URRIEN

Jean-Yves Bony, député Les Républicains du Cantal : « L’agriculture a toujours été sacrifiée. »

Jean-Yves Bony, député Les Républicains du Cantal, entend être le porte-parole des agriculteurs inquiets des conséquences du traité de libre-échange entre l’Union européenne et le Canada. Il vient d’indiquer à l’Assemblée nationale que ce traité CETA « a été mis en œuvre provisoirement le 21 septembre, sans le moindre accord du Parlement français. Hélas, l’évaluation demandée par le Président de la République semble confirmer les craintes que nous avions tous : cet accord avec le Canada créera des distorsions de concurrence insupportables pour les agriculteurs français et risque de déstabiliser considérablement les marchés agricoles européens. Avec le CETA, plus de 90 % des barrières douanières vont sauter. Certes, cette ouverture profitera à certains, mais en contrepartie plus de 65 000 tonnes de viande canadienne arriveront sur le marché européen. Cela nous exposera à des risques majeurs en termes de traçabilité des aliments et de sécurité alimentaire, car les normes canadiennes, en matière sanitaire ou d’alimentation, n’ont rien de comparable avec les normes européennes, lesquelles sont beaucoup plus contraignantes. Ainsi, la ractopamine est le produit dopant par excellence, utilisé pour les veaux avant sevrage.

Cet activateur de croissance, qui permet de diviser par deux la durée d’engraissement, est interdit dans 160 pays en vertu du principe de précaution, mais autorisé au Canada. Et que dire des pesticides ? Quarante-six substances toxiques utilisées au Canada sont interdites en Europe. Tout cela interroge sur la dimension environnementale du CETA et sur son impact en matière de santé publique ». Jean-Baptiste Lemoyne, secrétaire d’État auprès du ministre de l’Europe et des Affaires étrangères, lui a notamment répondu que le Premier ministre a mis en place une commission, présidée par Katheline Schubert, qui vise à apporter des réponses sur les plans environnemental et agricole ». Jean-Yves Bony revient sur cette affaire pour les lecteurs de L’Hebdo-Bourseplus.


L’Hebdo-Bourseplus : Dans le cadre de l’accord de libre-échange avec le Canada avec le traité CETA, vous estimez que l’agriculture est le secteur sacrifié. Qu’en est-il exactement ?

Jean-Yves Bony : C’est ce que nous craignons, puisqu’il y a 65 000 tonnes de viandes bovines qui vont arriver sur le marché européen. C’est énorme, en plus il n’y a que des beaux morceaux, donc cela va concurrencer directement nos éleveurs. Je suis élu du Cantal, c’est une terre d’élevage, donc on se fait du souci.


Lors des traités avec les pays anglo-saxons, on veut toujours protéger l’exception culturelle, mais en contrepartie on est obligé de céder sur d’autres sujets…

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