Rencontre avec Antoine : Connaissance du Monde, un agenda 2018 et un DVD sur Cuba.

LITTÉRATURE

✍️ Par Nicolas MIGUET

Le chanteur et navigateur Antoine, également connu pour ses films de voyages, a une actualité chargée en cette fin d’année. En effet, il publie chez Gallimard un agenda semainier photographique pour 2018 intitulé « Une année autour du monde avec Antoine ». Au programme, 52 destinations de rêve en photographies et anecdotes, au bout du monde ou plus près de chez nous, en augurant que le lecteur ait l’opportunité, c’est le vœu d’Antoine, de visiter en 2018 au moins une ou deux de ces lieux magiques… Parallèlement, ce mois-ci sort un nouveau DVD dans lequel il nous emmène à Cuba en conduisant une superbe voiture américaine des années 50 pour nous faire découvrir les richesses historiques de Santiago de Cuba, de Trinidad, de La Havane, et les merveilles naturelles, plages infinies, montagnes étonnantes, de cette vaste île des Caraïbes. Enfin, Antoine effectue en ce moment un tour de France, dans le cadre de la série Connaissance du Monde, pour présenter un film sur les « Îles lointaines de Polynésie ».

Antoine évoque son actualité avec Yannick Urrien. D’abord, sa tournée dans toute la France avec Connaissance du Monde est un succès. Antoine revient sur le succès de cette formule : « La première conférence Connaissance du Monde a eu lieu en 1935 avec le commandant Charcot qui présentait Paul-Émile Victor ! Après la Deuxième Guerre mondiale, le concept s’est développé et de nombreuses personnalités ont présenté des films, comme Alain Bombard ou Albert Mahuzier. On m’a proposé d’animer ces conférences il y a une dizaine d’années et j’ai tout de suite répondu positivement puisque, la première fois que je suis allé en Polynésie, c’était de façon virtuelle, en 1954, j’avais dix ans, en regardant un film intitulé « Si Tahiti m’était contée ». Alors, j’ai décidé de partager cette passion pour les voyages. J’ai présenté un film sur Madagascar, un autre sur l’Océan Indien et un autre sur la Nouvelle-Calédonie. Mais la Polynésie, ce sont quand même les îles que je préfère au monde. C’est ce que j’appelle les îles lointaines, comme les Marquises ou les Gambier, où la nature a gardé tous ses droits. Avec Connaissance du Monde, on dit que c’est le spectacle vivant du documentaire. Auparavant, c’étaient des diapositives. Aujourd’hui, ce sont des films en haute définition, mais le principe reste le même puisque le commentateur est la personne qui a fait le voyage et il est là pour le partager et le raconter. C’est vraiment très vivant et les gens peuvent poser des questions. Il y a souvent des questions sur l’environnement, mais c’est une formule qui, à mon avis, sera éternelle puisque cela ne peut pas se faire sur Internet ! C’est toujours différent lorsque la personne est présente ».

Pourtant, tout le monde voyage et le transport aérien s’est démocratisé, alors ce concept apporte-t-il toujours autant de magie ? Oui, répond Antoine : « Je crois que c’est encore mieux, parce qu’il y a beaucoup de personnes qui peuvent ainsi préparer leur voyage en posant des questions, qui sont souvent pertinentes, et il y a aussi des gens qui ont déjà fait le voyage présenté. Donc, ce n’est plus seulement pour rêver, il y a vraiment une proximité réelle avec le lieu ». Les progrès techniques permettent également de travailler plus facilement pour la réalisation des films : « Ma compagne et moi avons les matériaux les plus pointus. Je viens de réaliser un film sur Cuba avec des technologies très avancées. Mais c’est finalement assez récent, puisqu’il y a quelques années encore, j’utilisais des grosses caméras qui étaient assez coûteuses, avec des systèmes de stabilisation. Mais tout a très vite évolué ! L’autre grande nouveauté, c’est que l’on peut faire évoluer son film au fil des années. Auparavant, un film était quelque chose de matériel, c’était simplement une pellicule, alors que maintenant il est très facile de remplacer un plan par un autre. Donc, le film peut évoluer au fil des années. Par exemple, quand une cathédrale a été rénovée dans une île de Polynésie, je suis allé la filmer et j’ai changé cette partie du film. Tout récemment, j’ai acquis un drone et je trouve que les qualités d’image n’ont rien à voir avec les vues aériennes. Ainsi, je peux ajouter ces nouvelles images et l’on peut ainsi revisiter certains atolls à l’aide d’un drone ».

Dans tous ses films, Antoine nous fait partager son amour de la nature mais, contrairement à beaucoup d’autres, il ne tombe pas dans le catastrophisme ou la culpabilisation : « J’admire des gens comme Yann Arthus-Bertrand ou Al Gore, qui font des films pour dénoncer. Mais, pour moi, ces films constituent mon moyen de vivre, c’est ma profession et je n’ai pas envie de gagner un centime en montrant des images de malheur ! Donc, je montre la beauté, mais je dis aussi que cela vaut la peine de protéger toute cette beauté. Je pense que c’est important parce que, si l’on ne montre que ce qui va mal, on peut démobiliser les gens. En montrant toute cette beauté, je me dis que les gens qui vont voyager dans ces pays vont sans doute mieux se comporter que ceux qui n’ont pas vu mes films... »

Dans son actualité, il y a aussi un film sur Cuba qui sort actuellement en DVD et sur les plates-formes de téléchargement : « C’était mon septième voyage à Cuba depuis 1968 et j’ai pu suivre l’évolution de cette île depuis 1968. Actuellement, Cuba s’ouvre beaucoup, avec les touristes qui peuvent aller loger chez l’habitant. C’est très bien, c’est très agréable, il y a des prix très raisonnables. Le film s’appelle « Cuba est une fête » puisque l’on s’aperçoit que malgré des années très difficiles, les Cubains ont toujours gardé leur joie de vivre, notamment à travers leur musique. Les gens dansent dans les rues, ils font la fête, on est sur les traces d’Hemingway… C’est un film qui raconte un Cuba heureux et joyeux, tout en parlant des difficultés. Mais la bonne nouvelle, c’est qu’il y a de plus en plus de visiteurs ». Parallèlement, ajoute Antoine, « il y a une nouvelle édition de mon agenda qui sort chez Gallimard. Il ne s’agit pas d’un album de photos, mais ils m’ont proposé de faire un agenda avec 52 destinations de rêve. L’objectif est de faire découvrir chaque semaine, en fonction des saisons, un endroit lointain ou non. Cela peut être une île bretonne, de Méditerranée ou de Polynésie… Chaque semaine, vous pouvez passer quelques instants à rêver de voyages et, pourquoi pas, y aller parce qu’il y a aussi des informations pratiques et des QR Codes permettant de regarder des vidéos sur certains de ces endroits ».

Enfin, il était intéressant d’avoir son opinion sur la situation à Cuba : « C’est difficile à dire, parce que c’est quand même un régime dictatorial et communiste. Mais je décris le développement du tourisme, qui est un moyen pour les Cubains d’obtenir plus de revenus. Il ne faut pas oublier que le salaire moyen des Cubains est de 18 dollars par mois ! Maintenant, le tourisme se développe, c’est aussi un tourisme familial et cela procure des revenus qui vont directement dans la poche des familles. Je pense que cette ouverture est plutôt saine. Par exemple, dès qu’ils gagnent un peu d’argent, ils rénovent leur maison… Il y a beaucoup de quartiers de La Havane qui se réveillent, c’est un peu comme un film d’animation, tout devient de plus en plus joyeux et coloré. Il est important d’y aller. Parmi les sottises de Donald Trump, il y a cette dernière décision : depuis Obama, les Américains ont le droit d’aller à Cuba. Mais, maintenant, Trump veut faire machine arrière en exigeant que les Américains ne puissent aller à Cuba qu’à travers des voyages organisés, alors que c’est le contraire qu’il faudrait faire pour améliorer les relations ! Il faut encourager les contacts directs avec les habitants et leur permettre aussi de gagner de l’argent, sans que toutes ces sommes partent dans les méandres de l’étatisation et des éventuelles mafias ».

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