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Budget de la Sécurité sociale : le gouvernement peut faire mieux
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✍️ Par Propos recueillis par Yannick URRIEN
Jean-Pierre Door, député LR du Loiret : « Il faut favoriser la médecine de ville, plutôt que la médecine hospitalière. »
Jean-Pierre Door, député LR du Loiret, est le spécialiste des questions de Sécurité sociale au sein du groupe LR à l’Assemblée nationale. Dans l’hémicycle, il a fait savoir à Agnès Buzyn, ministre des Solidarités et de la Santé, qu’il estimait que le ton avait « changé » : « Votre prédécesseur, en plus de crisper et mécontenter tous les professionnels de santé, vous a laissé un système de santé en grande difficulté. Ce n’est pas moi qui le dis, mais la Cour des comptes. Nous saluons donc votre méthode d’apaisement, dont tout le monde avait bien besoin. Mais, sur le fond, qu’est-ce qui a changé dans ce nouveau budget ? Rien ! Si nous partageons votre volonté de remettre les comptes à l’équilibre, en revanche, sur les moyens, vous ressortez la vieille recette des coups de rabot que l’on a connue : rabot sur le médicament, bien entendu, au risque de tuer l’innovation ; rabot encore avec la maîtrise médicalisée dans les hôpitaux, déjà exsangues, et auxquels vous non plus ne donnez pas les moyens de se moderniser. Vous savez déjà que les économies que vous avez chiffrées au doigt mouillé à 3 milliards d’euros ne seront pas réalisées : elles ne l’étaient déjà pas l’année dernière ni l’année d’avant. Mais peu importe puisque vous avez une botte secrète : la hausse de la contribution sociale généralisée – la CSG – dès janvier, mais qui ne sera compensée qu’en octobre.
Résultat de l’opération : ces 3 milliards vous permettront d’afficher une amélioration du déficit, alors que les Français subiront une augmentation de 22 % de la cotisation qu’ils paient ». Agnès Buzyn a répondu qu’elle défend de nombreuses réformes structurelles à travers un article 35 « tout à fait innovant, qui permettra des organisations nouvelles sur le territoire, un décloisonnement entre la ville et l’hôpital, ainsi qu’entre le médico-social et le médical, et évitera les fractures entre professionnels ». Par ailleurs, a-t-elle indiqué, « il est temps de s’intéresser à la pertinence des actes que nous faisons. Tous les rapports le montrent : actuellement, environ 25 % des dépenses de santé résultent d’actes inutiles ou redondants. Nous avons d’énormes marges de manœuvre pour notre système de santé. Je souhaite donc qu’en ville, comme à l’hôpital, nous ne valorisions pas uniquement l’activité et le toujours plus d’actes, mais la qualité et la pertinence des soins par le changement de la tarification […] Je souhaite également que, pour les soins de ville, nous travaillions à des tarifications au forfait, au parcours et à la coordination ». Nous avons demandé à Jean-Pierre Door quelle était son analyse sur ce budget de la Sécurité sociale.
L’Hebdo-Bourseplus : Vous estimez que le gouvernement fait un effort d’écoute sur le budget de la Sécurité sociale, mais que cela s’arrête en fait à ce stade…
Jean-Pierre Door : Effectivement, il a constaté l’insincérité du budget précédent, celui de Madame Touraine. Il y a donc un héritage difficile, qui n’est pas de la responsabilité de la ministre actuelle, et elle prend en compte cela. Il y a des rectifications financières à effectuer mais, quoi qu’en disent les ministres, il n’y a pas suffisamment de réformes structurelles comme c’était proposé par la Cour des comptes. Nous avons encore une fois une politique dite de rabot. Les explications, c’est bien entendu la réduction des économies sur le médicament, donc sur l’industrie pharmaceutique, ce qui nous gêne, parce qu’il faut quand même reconnaître que c’est une industrie française importante en termes d’emplois, de croissance ou d’exportation. Ensuite, nous avons une réduction importante au niveau de l’hôpital et l’on ne sait pas trop dans quel sens tout cela ira. Le gouvernement envisage également une réduction des tarifs de certaines professions médicales et je suis convaincu qu’il va toucher à la radiologie ou à la biologie. On cherche encore à faire des économies dans ce sens.
Existe-t-il d’autres solutions que celles du rabot ?