Agriculteur et député, il s’engage sur les questions agricoles à l’Assemblée nationale

EN DIRECT AVEC...

✍️ Par Propos recueillis par Yannick URRIEN

Nicolas Turquois, député MoDem de la Vienne : « Il faut créer un cadre juridique où la profession agricole pourra discuter d’une façon plus équilibrée avec les grandes surfaces. »

Nicolas Turquois est agriculteur de profession et député MoDem de la Vienne. À l’Assemblée nationale, il n’est donc pas surprenant de le voir s’engager sur les questions agricoles. Or, c’est le problème de la pénurie de beurre qui occupe de nombreux débats depuis quelques semaines. Nombreux sont les députés qui soulignent que c’est le sujet dont on leur parle le plus en ce moment. Face à cela, Nicolas Turquois a décidé d’émettre des propositions, notamment en préconisant la mise en place de filières où l’acheteur final ne serait pas le seul à déterminer les prix, cela afin d’instaurer un rapport de force équilibré entre producteurs, transformateurs et distributeurs. Nicolas Turquois répond aux questions de L’Hebdo-Bourseplus.


L’Hebdo-Bourseplus : Les consommateurs sont surpris par l’absence de beurre dans les grandes surfaces. Quelles sont les causes de cette pénurie ?

Nicolas Turquois : On parle beaucoup de cette question et, si j’ai décidé d’interroger le gouvernement sur ce sujet à l’Assemblée nationale, c’est parce qu’un week-end, j’étais invité à déjeuner chez mes parents et ma mère m’a demandé ce qui se passait et si nous étions en guerre, parce que l’on ne trouve plus de beurre ! J’ai entendu cette remarque un peu partout et j’ai compris que c’était un sujet suffisamment important pour que l’on en parle à l’Assemblée nationale. Il y a une conjonction entre différents phénomènes. Depuis deux ans, l’Union européenne a mis fin aux quotas laitiers. Dans un premier temps, on a assisté à une surproduction de lait, donc à un effondrement des cours et, suite à cela, il y a eu des mesures d’arrêt volontaire dans certains pays, avec des sortes de quotas.

Au même moment, certaines études aux États-Unis ont indiqué que le beurre avait des propriétés diététiques, avec certaines vertus en termes de composition d’acide gras, en entraînant ainsi une demande accrue des Américains. La demande s’est amplifiée en Europe, mais aussi en Chine, et les consommateurs chinois ont voulu privilégier le beurre européen. Le marché du beurre a progressé de 5 % au cours de ces dernières années, les prix ont également augmenté, tout cela confronté à une baisse de la production saisonnière puisqu’il y a moins de lait en été. Comme le prix est discuté à l’année, certaines grandes surfaces n’ont pas voulu revenir sur leurs prix. Finalement, les industriels ont préféré vendre aux plus offrants, c’est-à-dire à l’étranger. Il est donc important de rééquilibrer les filières agricoles. Voilà pourquoi l’on assiste depuis plusieurs semaines à une disparition du beurre dans certaines grandes surfaces.


Les distributeurs ne veulent pas acheter le beurre plus cher mais, dans un tel contexte, le consommateur n’est-il pas suffisamment mature pour comprendre la loi de l’offre et de la demande, et accepter de payer plus cher son beurre ?

Pour lire ce numéro (Accès numérique)

Validez le formulaire ci-dessous

Tarif valable jusqu'au 28/02/2027 sous réserve de variation du taux de TVA.
L'Hebdo Bourse Plus sort un numéro double fin juillet et ne paraît pas en août.

Les paiements sur notre site sont sécurisés et traités par Stripe, un prestataire de paiement en ligne de confiance. Vos informations de paiement sont protégées par des protocoles de sécurité de pointe, garantissant une expérience d'achat sûre et sécurisée. Vos données sont protégées par le chiffrement TLS et la tokenisation. Stripe est certifié conforme aux normes de sécurité PCI DSS.