Une parlementaire en pointe pour le développement de la télémédecine

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✍️ Par Propos recueillis par Yannick URRIEN

Pascale Fontenel-Personne, députée LREM de la Sarthe : « Il faut vraiment inscrire le principe de la télémédecine dans la loi. »

Le gouvernement veut favoriser l’essor de la télémédecine et, à l’Assemblée nationale, c’est la députée Pascale Fontenel-Personne, membre du groupe La République en marche, qui est en pointe sur ce sujet. Elle estime que la télémédecine peut constituer une réponse efficace à la pénurie de médecins dans les zones rurales et qu’elle représente par ailleurs un facteur de maîtrise des coûts de santé, en matière de transports, mais aussi pour éviter certaines consultations qui ne nécessitent pas la présence physique de la personne. Cependant, le projet de développement de la télémédecine est bloqué par les réticences des autorités régionales de santé, ainsi que par la Caisse primaire d’assurance maladie. Pascale Fontenel-Personne souhaite donc faire évoluer la loi pour favoriser ces pratiques innovantes. Elle répond aux questions de L’Hebdo-Bourseplus.


L’Hebdo-Bourseplus : On parle beaucoup de la télémédecine. Existe-t-il des freins juridiques à son développement ?

Pascale Fontenel-Personne : J’observe dans notre ruralité qu’il y a énormément de médecins qui essaient de déployer la télémédecine et qui se heurtent très souvent à l’ARS (Agence régionale de santé). L’ARS a du mal à déployer la télémédecine parce qu’il y a des disparités qui sont fortes. Ils sont souvent sur des projets pilotes et, si vous avez un projet innovant qui n’est pas validé, on ne peut pas aboutir. C’est un frein technique, nous en sommes encore aux balbutiements et l’on n’a pas forcément mis dans une bibliothèque tout ce qui a été fait. C’est pour cette raison que Madame Agnès Buzyn, ministre de la Santé, est en train de collecter toutes les informations pour définir ce qu’est la télémédecine, comment on va la pratiquer, et donc l’inscrire dans la loi. Il faut que le cadre soit extrêmement clair.


Comment résoudre le problème des déserts médicaux ?

En tant que chef d’entreprise, j’ai toujours été vigilante sur ce sujet, notamment parce que des salariés habitaient en ruralité. Les maisons de santé peuvent être créées très rapidement, car il faut savoir que les médecins ne veulent plus être seuls, ils ne veulent plus exercer la médecine comme dans le temps. Mais, aujourd’hui, nous avons de nombreux médecins qui partent et l’on n’arrive pas à anticiper cette situation pour inciter des jeunes médecins à rejoindre le cabinet. Il faut aussi apporter quelque chose afin que d’autres médecins s’installent dans des zones peu attractives. Il y a également la question des médecins étrangers. Dans un village de ma circonscription, j’ai un médecin franco-colombien, mais il a fait ses études en Colombie et son diplôme n’est pas reconnu. Pour cela, jusqu’en 2016, il devait faire un internat de 6 à 8 mois pour valider son diplôme. D’ailleurs, son frère a effectué ce parcours il y a dix ans. Ainsi, le médecin pourrait venir dans le village avec sa famille, ce qui aiderait l’école aussi. Mais, depuis 2016, l’ARS a publié une directive indiquant que ce parcours n’est plus possible. C’est évidemment un frein qu’il faut absolument lever. Il faut revoir cela avec l’ARS et j’ajoute qu’il faut vraiment inscrire le principe de la télémédecine dans la loi, en prenant en compte les problématiques que je viens d’évoquer.

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