⟵ Retour
Un tiers de la photo de Macron en moins pour un tiers de budget en moins !
LA VIE DES COMMUNES ET COLLECTIVITÉS LOCALES
✍️ Par Propos recueillis par Yannick URRIEN
Jean-François Damien, maire de Grand-Failly (Meurthe-et-Moselle) : « En milieu rural, nous continuons de gérer nos communes en bon père de famille. »
Ce maire rural a fait parler de lui dans toute la France en supprimant un tiers du portrait officiel d’Emmanuel Macron afin de protester contre la baisse de dotation des collectivités locales. Jean-François Damien est le maire de Grand-Failly, une commune de 312 habitants située en Meurthe-et-Moselle. Il estime que le manque à gagner sera de 13 000 euros l’an prochain et de 40 000 euros à terme. Il souligne que les mesures annoncées par Emmanuel Macron entraînent aussi la perte de deux emplois aidés. Il répond aux questions de L’Hebdo-Bourseplus.
L’Hebdo-Bourseplus : On parle souvent de la diminution des dotations de l’État. Or, on observe que les petites communes sont réellement confrontées à une baisse de leurs moyens financiers, tandis que les grandes villes continuent de dépenser et de recruter à tour de bras… N’y a-t-il pas deux France qui sont en train de se dessiner ?
Jean-François Damien : C’est tout à fait cela. En milieu rural, nous continuons de gérer nos communes en bon père de famille. Nous faisons attention aux dépenses que nous faisons, alors que dans les grandes villes, dès qu’il y a de l’argent, il faut le dépenser… Chez nous, on avance en fonction de tel ou tel projet. On se demande chaque fois si tel investissement est vraiment judicieux et on s’engage lorsque cela apporte un réel plus à la population. J’ai fait une salle des fêtes au moment de mon élection, mais nous avons d’abord demandé l’avis de la population pour savoir si cela serait vraiment utile. Nous en avions une qui était très vétuste et 90 % des habitants étaient favorables à la création d’une nouvelle salle des fêtes. Généralement, quand on a un projet en tête, on fait toujours un petit sondage auprès de la population. Je travaille aussi beaucoup avec des associations qui font du bénévolat. Par exemple, j’ai fait une maison des associations de 400 mètres carrés avec une ancienne porcherie qui tombait en ruine.
La commune en a fait l’acquisition pour 7500 euros et j’ai réuni les présidents des associations pour leur demander s’ils seraient d’accord pour donner un coup de main pour les travaux. La commune a payé le matériel, on en a eu pour 25 000 euros et, aujourd’hui, nous avons un bâtiment de 400 mètres carrés qui sert aux chasseurs et aux associations. Pour moi, c’est une gestion en bon père de famille. Le gouvernement crée une nouvelle taxe lorsqu’il n’a pas assez d’argent, donc c’est toujours facile… On nous a déjà supprimé la taxe professionnelle et, maintenant, on nous supprime la taxe d’habitation. Si, demain, on nous supprime la taxe foncière, nous ne serons plus des gestionnaires, mais simplement des salariés du gouvernement. Donc, si le gouvernement veut bien nous donner de l’argent, on pourra travailler. Mais s’il ne nous donne pas d’argent, on ne pourra rien faire.
N’est-ce pas une politique qui pénalise finalement les meilleurs gestionnaires, à savoir les petites communes ?
Pour lire ce numéro (Accès numérique)
Validez le formulaire ci-dessous
Tarif valable jusqu'au 28/02/2027 sous réserve de variation du taux de TVA.
L'Hebdo Bourse Plus sort un numéro double fin juillet et ne paraît pas en août.
Les paiements sur notre site sont sécurisés et traités par Stripe, un prestataire de paiement en ligne de confiance. Vos informations de paiement sont protégées par des protocoles de sécurité de pointe, garantissant une expérience d'achat sûre et sécurisée. Vos données sont protégées par le chiffrement TLS et la tokenisation. Stripe est certifié conforme aux normes de sécurité PCI DSS.