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Amazon a des sous... et une ambition de n’1 mondial.
LE DOSSIER DE LA SEMAINE
✍️ Par Nicolas MIGUET
Nous poursuivons cette semaine nos études traditionnelles sur les sociétés, sur le décryptage des comptes et sur leurs perspectives, sur les pays, sur les secteurs et les grands sujets, conseils à l’appui. Le 13 octobre 2017 (numéro 911) : “Les résultats décryptés, suite”. Bonne lecture !!!
Qui, entre Casino et Carrefour, Amazon peut-il croquer ? Depuis l’effondrement du cours de Carrefour, consécutif à des résultats semestriels qui n’étaient pas si mauvais que cela, mais qui ont déçu certains analystes financiers, le groupe, à l’actionnariat dispersé, fait l’objet de tout un tas de rumeurs, dont celle d’une OPA de la part du géant américain Amazon. Selon nos informations, le groupe américain, qui cherche à devenir le numéro un mondial de la distribution en alliant la vente par Internet et la vente physique, à travers des magasins, cherche à augmenter sa surface commerciale, en faisant des acquisitions ou en faisant des alliances.
Amazon est un géant boursier qui vaut actuellement entre 450 et 500 milliards de dollars, et qui, malgré une baisse suite à des résultats qui ont été un peu inférieurs à ce qui était prévu sur le premier semestre, se trouve néanmoins valorisé à un cours supérieur de 27,6 % par rapport à celui du 1er janvier 2017. Le groupe Amazon, dans le collimateur de la Commission européenne qui estime que le Luxembourg lui a accordé des avantages fiscaux indus pour un montant d’environ 250 millions d’euros, cherche également à se refaire une réputation.
Le géant de Seattle veut grossir plus fortement encore.
Le géant de Seattle est offensif « tous azimuts », en cherchant, outre des produits physiques, à distribuer également des contenus, notamment pour favoriser les ventes de sa liseuse, de son service de vidéo à la demande. L’entreprise fondée par Jeff Bezos est ambitieuse, je rappelle que, à partir de sa fortune personnelle, le fondateur d’Amazon a pris le contrôle du quotidien américain The Washington Post, et cherche à accroître son empire, sans négliger son influence. Alors qu’en Amérique du Nord, le géant Wal-Mart cherche à réagir face à l’offensive d’Amazon, et vient d’acquérir une jeune pousse spécialisée dans la livraison du dernier kilomètre, Amazon va devoir trouver un relais de croissance en dehors des Etats-Unis, vraisemblablement. En Chine et en Asie, son concurrent Alibaba tient le haut du panier, l’acquisition de parts de marché serait coûteuse, il est donc tout à fait logique que le groupe Amazon cherche à s’implanter en récupérant des belles affaires qui sont actuellement à un tarif bradé. Amazon a très officiellement annoncé à la fin du mois de septembre vouloir se développer au Moyen-Orient d’ici au début de l’année 2019. Il souhaite notamment se développer aux Emirats Arabes Unis, une zone que couvre assez bien le groupe Carrefour, l’acquisition de Carrefour, si elle se fait, pourrait être un facteur significatif d’accélération de ce développement. La mise en procédure de faillite de la chaîne américaine de distribution de jouets Toys’s R Us montre bien que l’offensive d’Amazon, tous azimuts, a complètement transformé ce qui était au démarrage une librairie en ligne. Le groupe est actuellement si confiant dans son avenir qu’il a décidé de lancer une compétition auprès des grandes villes nord-américaines pour la construction d’un second siège social, en plus de celui qui est situé à Seattle.
Un deuxième siège aux USA.