Le désastre du divorce en France.
LITTÉRATURE
Chaque année, 250 000 mariages sont célébrés en France, or la moitié d’entre eux déboucheront sur un divorce. C’est un sujet dont on parle peu dans les médias : les effets désastreux du divorce en France. En effet, avec la libération des mœurs et les avancées sociales, notamment en matière de féminisme, il est devenu de bon ton de banaliser le divorce, voire de le considérer comme un progrès, une émancipation, une facilité de vie... En réalité, le divorce est un drame qui entraîne l’explosion d’une famille et l’appauvrissement des anciens conjoints. La monoparentalité constitue aussi une tragédie pour les femmes, qui se retrouvent parfois dans une situation de quasi-pauvreté. Franck Eliard, qui est juriste, publie un livre très détaillé sur ce phénomène de société : « Le problème du divorce, ce n’est pas seulement la question de la séparation, c’est purement affectif et sentimental, mais c’est surtout la conséquence de la gestion qui en est faite par les pouvoirs publics. Je dénonce le dysfonctionnement de la justice familiale. Si les dossiers de séparation étaient mieux gérés, si l’enjeu financier était absent des dossiers de séparation, peut-être pourrait-on imaginer des séparations beaucoup plus pacifiques. Les enfants sont les premières victimes d’une séparation et ils souffrent d’une manière différée. La communauté scientifique a étudié cela, en notant que cela génère des désordres qui peuvent nuire à l’existence des enfants. On devrait sortir de nos propos tout ce qui est divorce par consentement mutuel puisque, par définition, les époux ont alors convenu de se séparer, et on peut donc imaginer que c’est moins douloureux qu’un divorce subi. Mais une séparation crée une multitude de conséquences désastreuses, surtout pour l’époux qui la subit ».
Franck Eliard rappelle ce qu’implique un dossier de divorce : c’est presque aussi lourd que la liquidation judiciaire d’une société, c’est de la comptabilité dans tous les sens, avec des mois de procédure… Selon lui, « la plupart des époux n’ont pas conscience de cela, pas plus que les candidats au mariage. C’est pour cette raison qu’il faudrait élargir l’information des futurs époux sur les conséquences du mariage. D’ailleurs, certaines communes ont pris conscience de ce problème et organisent des réunions sur les conséquences civiles d’une union. Il ne faut pas oublier que le divorce détruit la vie des enfants. J’ai découvert que la plupart des grands criminels avaient comme point commun l’absence de référent masculin. Donc, pour évoluer sereinement et devenir un adulte équilibré, un enfant doit avoir des bases et je ne suis pas certain que le divorce soit de nature à fournir ces bases. Il faudrait légiférer pour révolutionner le mariage et réformer la procédure de divorce». Il cite également des études scientifiques qui indiquent que les conjoints, surtout celui qui n’a pas pris l’initiative du divorce, tombent souvent dans une dépression profonde : « Dix hommes se suicident chaque jour en France en raison d’une séparation. Vous avez aussi les carnages familiaux, avec des disparitions, une tuerie de l’ensemble de la famille... Mais il y a également le syndrome dépressif qui conduit à la perte de son emploi et à certaines addictions, comme l’alcoolisme ou la drogue. »
Finalement, comment peut-on en arriver là ? Il revient sur tous ces facteurs comme la dictature du féminisme, la déresponsabilisation du citoyen ou l’accès trop large au système judiciaire… N’a-t-on pas voulu tant faciliter les choses au cours de ces dernières décennies, que l’on a présenté le divorce comme une étape normale de la vie, alors que cela devrait être une situation exceptionnelle ? Pour Franck Eliard, «la séparation conduit au phénomène de la monoparentalité et il est évident que ce qui était possible à deux devient plus difficile lorsque l’on est seul. Donc, c’est le contribuable, sous la forme des aides sociales, qui vient pallier toutes les insuffisances à travers la mise à disposition des logements sociaux ou des aides sociales qui sont importantes. J’ajoute que la prestation compensatoire est quasi systématiquement à la charge de l’époux et sa moyenne était de 120 000 euros en 2013. Tant que les époux ne sont pas divorcés, parce qu’une procédure de divorce peut durer très longtemps, les époux sont tenus d’un devoir de secours qui prend la forme d’une pension alimentaire. La pension alimentaire est fixée arbitrairement par le juge et il semblerait qu’il y ait des barèmes en coulisses, qui consistent à retenir un pourcentage de ce que gagne le débiteur. Après le divorce, il y a la prestation compensatoire, c’est une indemnité qui a pour fonction de réparer le préjudice causé par la séparation et résultant de la disparité des niveaux de vie. La prestation compensatoire a été mise en place au milieu des années 70, à une époque où la plupart des femmes se sacrifiaient pour élever les enfants, en renonçant à toute carrière professionnelle. À cette période, le divorce était souvent subi par les femmes et cela les mettait dans une situation désastreuse. Donc, cela se comprenait tout à fait. Aujourd’hui, la prestation compensatoire ne devrait s’appliquer que dans des cas vraiment extrêmes car, actuellement, la plupart du temps, ce sont les épouses qui sont à l’initiative de la séparation : je ne dis pas responsables, mais à l’initiative… »
En conclusion, Franck Eliard estime que «dès le départ, il faudrait faire un choix judicieux quant à son futur conjoint, en le sélectionnant notamment sur des critères financiers et patrimoniaux. C’est triste à dire, parce que l’amour ce n’est pas vraiment ça ! Mais aujourd’hui, c’est nécessaire puisque la prestation compensatoire est fixée sur certains critères, comme l’âge des époux, le niveau de vie ou l’état de santé. Ce sont des critères objectifs, mais qui sont appréciés très subjectivement par le juge. Le problème provient en partie du fait que la magistrature comprend des femmes à hauteur de 85 %. Donc, sans que cela soit forcément le cas, le justiciable a parfois le sentiment d’une justice partiale ou déséquilibrée. Je rappelle que nous avons un outil qui est souple et sans danger : le PACS. Alors, pourquoi chercher dans un mariage ce que l’on a déjà dans le cadre du PACS ? Le PACS n’est pas générateur des effets nocifs que l’on retrouve dans le cas du mariage et il apporte une protection davantage orientée vers le consensus. Avec le mariage, le système est préétabli. La seule chose qui fait défaut dans le PACS, c’est le droit à réversion de la pension de retraite qui existe dans le cadre du mariage ».
« Le désastre du divorce en France » de Franck Eliard est publié aux Éditions Amalthée.
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